Vilhelm Kyhn
Peter Vilhelm Carl Kyhn, ( — ) est un peintre de paysages danois qui appartient à la génération des peintres nationalistes romantiques immédiatement après l'Âge d'or danois et avant le Det Moderne Gennembrud (en). Même s'il a survécu à nombre de ses pairs artistiques durant plusieurs décennies, il est resté un traditionaliste et a exprimé de vives critiques concernant la plupart des nouvelles tendances de la peinture de son époque.
Kyhn a également joué un rôle comme éducateur, créant plusieurs écoles d'art alternatives, dont une école de peinture pour femmes où a entre autres étudié Anna Ancher, Marie Luplau et Emilie Mundt.
Biographe
Enfance et scolarité
Kyhn est né à Copenhague de Carl Gottlieb Kyhn et Sara Marie. Son père ne veut pas qu'il devienne artiste et il commence par travailler dans des bureaux. Puis, comme compromis, il est autorisé à étudier la gravure sur cuivre avec Georg Hoffmann. Il apprend à faire des vignettes, une compétence qui lui sera utile plus tard quand il a apprendra à faire des gravures.
Il entre à l'Académie royale des beaux-arts du Danemark en 1836. Il entre à la School of Plaster Model Painting en 1840 et à la School of Model Painting en 1841, où il est influencé par le classicisme des enseignants Christoffer Wilhelm Eckersberg, père du Âge d'or danois, et J. L. Lund (en)[1]. Il est également influencé par Niels Lauritz Høyen (en), un autre professeur de l’académie ainsi qu'un important critique d'art et historien de l'art. N. F. S. Grundtvig fut également une grande source d'inspiration dans son virage vers le nationalisme romantique.
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Il remporte en 1843 la petite médaille d'argent pour un académie mais il allait se tourner vers la peinture de paysages. À cette époque les paysages danois commencent à être un domaine sérieux pour les artistes danois. Kyhn prend part au mouvement et expose son premier paysage, Et bornholmsk Strandparti (Une vue de la plage de Bornholm). Ce tableau a été acheté par la Collection Royale Danoise de Peinture, maintenant la Danish National Gallery, puis plus tard prêté à l'ARoS Aarhus Kunstmuseum.
En 1845, Kyhn remporte un prix lors du Neuhausenske Konkurs avec le tableau Landskab, hvori Foraaret karakteriseres (Paysage de printemps).
Voyage d'étude à l'étranger

Après quelques années de travail assidu à peindre des paysages au Jutland et dans le Nord du Seeland, il commence à chercher une bourse de voyage ; il s'en voit attribuer une en 1848. Il repousse cependant son voyage jusqu’au printemps 1850 à cause des révolutions européennes de 1848 qui font du Danemark le une monarchie constitutionnelle.
Il voyage aux Pays-Bas, en Belgique et à Paris au printemps 1850 et atteint l'Italie en septembre de la même année. L'année suivante il obtient une prolongation de sa bourse. Il a peint peu de paysages des pays qu'il a visité, et uniquement alors qu'il y était.
Peintures de paysages nationalistes romantiques
De retour au Danemark en , il recommence à peindre des paysages. Les tableaux que Niels Lauritz Høyen (en) acheta à Kyhn montrent un bon développement de son style. Sa technique de peinture de paysages s'améliore avec le temps comme dans la scène hivernale Kystparti ved Taarbæk (Vue de la côte près de Taarbæk") ou dans Udsigt over det flade Land ved Bjærgelide (Vue sur la plaine près de Bjærgelide) peints en 1858. Les plaines du Jutland dans ce tableau n'étaient pas un sujet populaire à cette époque. Il ouvrit la voie aux autres artistes pour peindre des paysages danois par excellence.
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Après 1863 il peint plusieurs scènes avec la lumière spéciale des soirées d'été du Danemark, par exemple l’atmosphérique Efter solnedgang i udkanten af en landsby (Après le coucher de soleil aux abords d'un village) peint en 1863 et Sildig Sommeraften ved Himmelbjærget ("Soirée de fin d'été près de Himmelbjerget) peint en 1874. Ces deux tableaux font partie des collections du National Museum of Art.
Il peint plusieurs paysages près de Silkeborg et passe ses étés à partir de 1873 à Himmelbjerg, un des lieux les plus hauts du Danemark. C'est probablement là que Kyhn commence à expérimenter la peinture sur le motif.
Œuvre graphique
Il est l'une des forces motrices de la création de l'Union danoise Etchers (Den danske Radeerforening) en 1853. Il se marie avec Pauline Petrine Leisner le de la même année.
Opposition à l'internationalisme et conflits à l'Académie
À partir des années 1850 il enseigne à l’École de Dessin et à l'École de Peinture. Il devient membre de l’Académie en 1870. Il a été membre du Comité de l'exposition à Charlottenborg de 1873 à 1888 et du Comité de l'exposition à l’exposition universelle de Paris en 1877-1878. Il voyage en Suède en 1866 et en 1874, en Norvège en 1873 et 1874 et à Skagen en 1877.
En tant qu'artiste nationaliste, les artistes blonds comme ils étaient appelés, il est exclu de l'Académie et ne peut plus vendre ses œuvres au Kunstforeningen (en) sur Gammel Strand (en).
En réaction et en opposition à l'internationalisme de plus en plus présent chez les jeunes artistes danois qui choisissent de se rendre en France dans le cadre de leurs études, et en opposition à l'effet de cet enseignement français sur l’art danois, Kyhn envoie une œuvre à Paris en 1876. Cette œuvre est une défense de l'art national danois et de l'école de peinture Eckersberg. Il voyage à Paris en 1878 où cette œuvre est exposée lors de l'Exposition Universelle. Il démissionne de l’Académie en 1882 en protestation d’œuvres de Peder Severin Krøyer et de Theodor Philipsen[2].
Son travail est exposé lors de la première exposition internationale d'art à Vienne, Autriche, en 1882. Kyhn est sélectionné comme membre de l'Assemblée plénière de l'Académie en 1887.
École alternatives de peinture
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Durant la période 1871-1879, l'atelier de Kyhn devient un lieu de rassemblement pour un groupe de jeunes artistes insatisfaits et d'étudiants de l'Académie appelés les Huleakademiet, ce qui conduit à la formation en 1882 de la Kunstnernes Frie Studieskoler[1].
Durant cette période, entre 1865 et 1895, il gère également la Tegneskolen for Kvinder (école de peinture pour femmes), les femmes n'avaient à l’époque pas accès à l’académie. Plus de soixante-quinze femmes furent formées par lui dont Anna Ancher, Johanne Krebs, Emilie Mundt, Marie Luplau et Emmy Thornam[3].
Vie privée
Son fils Svend Carl, né en 1862, était un peintre de paysages et d'intérieurs prometteur mais il meurt en 1890. Sa femme meurt en 1894. Il reçoit la médaille de bronze lors de l’Exposition universelle de 1900 à Paris.
Il meurt à Frederiksberg le à 84 ans[1].
Notes et références
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Vilhelm Kyhn » (voir la liste des auteurs).
- « Vilhelm Kyhn », Gyldendal (consulté le )
- « Vilhelm Kyhn - guldalderens sidste forkæmper »(Archive • Wikiwix • Archive.is • Google • Que faire ?), kulturforedrag.dk (consulté le )
- « Anna Ancher & Co. », Sophienholm (consulté le )
Voir aussi
- (da)« Kunst Index Danmark ("Art Index Denmark") »(Archive • Wikiwix • Archive.is • Google • Que faire ?) (consulté le )
- (da)Danish Biographical Encyclopedia ("Dansk biografisk Leksikion")
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