Samia Hurst

Samia Hurst-Majno (née Samia Hurst en 1971 à Genève) est une bioéthicienne suisse. Elle est professeure, membre du Comité national d'éthique dans le domaine de la médecine humaine (NEK), et directrice de l'Institut Éthique Histoire Humanités (IEH2) de la Faculté de médecine de l'Université de Genève.

Pour les articles homonymes, voir Hurst.

Elle s’intéresse particulièrement aux personnes vulnérables, à l’équité dans les politiques de santé et à l’éthique de la recherche.

Durant la pandémie de Covid-19, en 2020-2021, elle est vice-présidente de la Swiss Task Force[1].

Biographie

Samia Alexandra Hurst est née à Genève le [2]. Sa mère enseigne l’anglais et son père André Hurst le grec ancien (il sera doyen de la Faculté des lettres, puis recteur de l’Université de Genève de 2003 à 2006)[3].

En 1995, Samia Hurst suit le premier cours de bioéthique dans une faculté de médecine suisse, avec le professeur Alex Mauron[3]. Elle obtient son diplôme de médecine en 1996 de l'Université de Genève. Elle s'est ensuite spécialisée en médecine interne (FMH et doctorat en 2001). De 2001 à 2003, elle effectue un post-doc au Département de bioéthique des National Institutes of Health (NIH) à Bethesda (Maryland, États-Unis)[4],[2].

De 2004 à 2016, elle est membre (et co-fondatrice) du European Clinical Ethics Network (ECEN)[4],[5].

De 2007 à 2013, elle est membre du Ethics Review Committee de l’Organisation mondiale de la santé. De 2008 à 2012, elle préside la Société suisse d’éthique biomédicale. Depuis 2009, elle est membre de la Commission Cantonale d’Expérimentation Animale (Genève). De 2011 à 2014, elle représente les Académies des Sciences Suisses auprès du Standing Committee on Science and Ethics des Académies Européennes. En 2012, elle est experte dans le cadre de la révision de la Déclaration d'Helsinki[2], sa définition de la vulnérabilité est reprise en 2013 dans cette référence internationale en matière de normes éthiques[3].

Samia Hurst a complété son habilitation en bioéthique à Genève en 2010[2], et reçoit le Prix Tissot pour sa thèse de doctorat[3]. Elle est depuis 2013 professeur associée et responsable de l'enseignement de l'éthique biomédicale à la Faculté de médecine de Genève et depuis 2016 directrice de l’Institut Éthique Histoire Humanités (iEH2)[3].

En 2017, Samis Hurst-Majno participe au « Forum des 100 personnalités qui font la Suisse romande » dont le thème cette année-là est « La santé dans tous ses états ».

Depuis mi-mars 2020, dans le contexte de la pandémie de Covid-19 et dans son rôle de vice-présidente de la Swiss Task Force, Samia Hurst-Majno est très présente dans les médias. Dans une tribune parue d’abord dans le Journal of Medical Ethics puis dans Heidi.news, elle met l’accent sur la confiance nécessaire de la population envers les politiques :

« Beaucoup de mesures de réponse à la pandémie, de la distanciation physique au confinement, reposent sur une coopération de la population pour leur mise en œuvre effective. Elles nécessitent que les citoyens aient une confiance suffisante envers les autorités scientifiques et politiques pour accepter d’en suivre les instructions et les recommandations. (…) En temps de pandémie, la confiance est pourtant particulièrement fragile. La peur accentue nos biais de groupes et cristallise la méfiance intergroupe. »[6]

Activité scientifique

Les recherches de Samia Hurst-Majno ont pour objet : la protection des personnes vulnérables dans la recherche et la pratique clinique, l’équité dans la pratique clinique, les systèmes et politiques de santé, l’éthique de la recherche sur l’être humain et de la recherche translationnelle, les enjeux éthiques dans la médecine personnalisée[4],[2].

En tant que bioéthicienne, Samia Hurst-Majno est consultante du Conseil d’éthique clinique des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), directrice de l’Institut Éthique, Histoire, Humanités (IEH2), directrice du Département de Santé et Médecine Communautaire à la Faculté de médecine de Genève[4].

Elle est membre depuis 2011 du Sénat de l’Académie Suisse des Sciences Médicales, depuis 2014 de la Commission nationale d'éthique dans le domaine de la médecine humaine (CNE), depuis 2014 aussi du consortium d’Assessment pour le Swiss Medical Board, depuis 2016 du Ethical Legal Social Issues advisory group du Swiss Personalised Health Network[2],[4].

Au plan international, Samia Hurst-Majno est vice-présidente depuis 2016 du Comité exécutif du Council for International Organizations of Medical Sciences (CIOMS)[7]. Elle appartient au comité scientifique de l’académie d'été de la Fondation Brocher (Brocher Summer Academies in the Ethics of Global Population Health)[8].

Elle a fondé la revue scientifique Bioethica Forum (revue trimestrielle de la Société suisse d’éthique biomédicale, trilingue français-allemand-anglais)[9] et a publié plusieurs livres et des articles dans des publications scientifiques.

Présence publique

De 2013 à 2020, Samia Hurst-Majno est apparue pas moins de 84 fois à la Radio télévision suisse (RTS)[10]. Elle a été appelée à expliquer et mettre en perspective des thèmes tels que : le suicide assisté et l’euthanasie, le choix du sexe du bébé, les dons d’organes, les erreurs médicales, le suréquipement médical, l’expérimentation animale, le diagnostic préimplantatoire, la procréation assistée, la 5G et le don de sperme.

À partir du , elle intervient presque exclusivement sur la pandémie de Covid-19 en Suisse (38 apparitions jusqu'au ).

Dans le cadre d’une série sur « Les figures de la lutte contre le Covid », la Tribune de Genève lui consacre un article le [11]. Le , elle est l’invitée de Radio Lac[12].

Samia Hurst-Majno est vue comme le « visage souriant de l’éthique médicale dans les médias romands »[3],[13] .

Engagement

Depuis 2006, Samia Hurst a été plusieurs fois consultante pour Médecins sans frontières. De 2010 à 2017, elle préside le Conseil d’éthique commun des Fondations Aigues-Verte, Clair Bois, et Foyer Handicap à Genève[2].

Samia Hurst-Majno co-organise la conférence virtuelle « Resisting borders », qui réunit chercheurs et activistes concernés par les droits des réfugiés (en octobre 2017[14] et en juin 2020[15]).

En 2019, elle est membre du comité de SOS Méditerranée Suisse[16].

Sélection de publications

Articles

  • (en) Chloë FitzGerald et Samia Hurst, « Implicit bias in healthcare professionals: a systematic review », BMC medical ethics, vol. 18, no 1, , p. 19
  • (en) Samia A. Hurst et Alex Mauron, « Assisted Suicide in Switzerland : clarifying liberties and claims », Bioethics, (DOI 10.1111/bioe.12304).
  • (en) G. Bosshard, U. Zellweger, M. Schmid, S. Hurst, M. Puhan et K. Faisst, « Medical End-of-Life Practices in Switzerland : A Comparison of 2001 and 2013 », Research letter - JAMA Intern Med., vol. 176, no 4, , p. 555-556 (DOI doi:10.1001/jamainternmed.2015.7676, présentation en ligne)
  • (en) N. Tavaglione, A. Martin, N. Mezger, S. Durieux, A. François, Y. Jackson et S. A. Hurst, « Fleshing out vulnerability », Bioethics, vol. 29, no 2, , p. 98-107
  • (en) Samia A. Hurst, A. Baroffio, M. Ummel et C. Layat Burn, « Helping medical students to acquire a deeper understanding of truth-telling », Medical education online, vol. 20, no 28133,
  • (en) Samia A. Hurst, « Vulnerability in research and health care : describing the elephant in the room? », Bioethics, vol. 22, no 4, , p. 191-202 (DOI 10.1111/bioe.12304)
  • (en) Samia A. Hurst, Sara C. Hull, Gordon DuVal et Marion Danis, « How physicians face ethical difficulties : a qualitative analysis », Journal of Medical Ethics, vol. 31, no 1, , p. 7-14
  • (en) Samia A. Hurst et Alex Mauron, « Assisted suicide and euthanasia in Switzerland : allowing a role for non-physicians », British Medical Journal, vol. 326, no 7383, , p. 271-273

Livres

  • (en) Marion Danis, Samia Hurst, Len Fleck, Reidun Forde et Anne-Marie Slowther, Toward Fair Rationing at the Bedside, Oxford University Press, , 480 p. (ISBN 9780199989447, présentation en ligne)
  • (en) Nir Eyal, Samia A. Hurst, Ole F. Norheim et Dan Wikler, Inequalities in Health : Concept, Measures, and Ethics, Oxford University Press, , 346 p. (ISBN 9780199931392, présentation en ligne)

Vie privée

Samia Hurst-Majno vit dans une famille recomposée avec son mari Pietro Majno-Hurst[3] (chirurgien et professeur) et ses quatre beaux-enfants[2]. Ils accueillent depuis 2015 des réfugiés érythréens dans le cadre du programme « Famille d’accueil »[3].

Notes et références

(de) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en allemand intitulé « Samia Hurst » (voir la liste des auteurs).
  1. « Structure et groupes d'experts », sur sciencetaskforce.ch, Swiss National COVID-19 Science Task Force, (consulté le ). Groupe de travail scientifique national suisse sur le Covid-19.
  2. « Samia Alexandra HURST - Curriculum vitae », Membres du Comité national d'éthique dans le domaine de la médecine humaine (NEK), sur www.nek-cne.admin.ch, (consulté le ).
  3. Koller 2018.
  4. « Collaborateurs », sur www.unige.ch, iEH2 - Institut Éthique Histoire Humanités, 2020? (consulté le ).
  5. (en) « Members », sur www.ecenetwork.org (consulté le ).
  6. Samia Hurst-Majno, « Accepter la confiance des citoyens en temps de pandémie: prudence, prudence », Heidi.news, (lire en ligne, consulté le ).
  7. (en) « Executive committee », sur cioms.ch, Council for International Organizations of Medical Sciences (consulté le ).
  8. (en) « Scientific committee », sur www.brocher.ch, (consulté le ).
  9. (fr + de + en) « Bioethica Forum, journal suisse d’éthique biomédicale », sur www.bioethica-forum.ch, Société suisse d’éthique biomédicale, 2018? (consulté le ).
  10. « Samia Hurst-Majno », Avis d’experts, sur avisdexperts.ch, Radio télévision suisse, (consulté le ).
  11. Chloé Dethurens, « « L’insouciance face au virus n'est pas très rassurante » : Médecin et membre de la task force de la Confédération, Samia Hurst-Majno traite des questions d’éthique autour de la crise du Covid », Tribune de Genève, .
  12. Béatrice Rul, « Samia Hurst, vice-présidente de la task force scientifique Covid-19 », La Matinale, sur www.radiolac.ch, Radio Lac, (consulté le ).
  13. Decosterd 2019.
  14. (en) « Chairs and Organizing Committee », sur resistingborders.com, Resisting Borders – A Virtual Conference on Refugee & Migrant Health, Mobility, Human Rights & Responsibilities, (consulté le ).
  15. (en) « Chairs and Organizing Committee », sur resistingbordersconference.wpcomstaging.com, Resisting Borders – A Virtual Conference on Refugee & Migrant Health, Mobility, Human Rights & Responsibilities, (consulté le ).
  16. « Membres du Comité », sur sosmediterranee.ch, (consulté le ).

Voir aussi

Bibliographie et filmographie

 : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Propos recueillis par Catherine Mary, « « De nombreux médecins ne comprennent pas entièrement les enjeux du consentement éclairé » », Le Monde, (lire en ligne)
  • Anna Decosterd, « Samia Hurst : «L’équivalence n’est obtenue que si la femme fait mieux que l'homme» », Bon pour la tête, grève des femmes, (lire en ligne, consulté le )
  • André Koller, « La place de l’humain dans les soins », Pulsations, Hôpitaux universitaires Genève, portraits, (lire en ligne, consulté le )

Articles connexes

Liens externes

  • Portail de la bioéthique
  • Portail de la Suisse
Cet article est issu de Wikipedia. Le texte est sous licence Creative Commons - Attribution - Partage dans les Mêmes. Des conditions supplémentaires peuvent s'appliquer aux fichiers multimédias.