Ron McCroby

Ron McCroby (1933-2002), de son nom complet Ronald Abbott McCroby, est un musicien instrumentiste américain réputé maître dans l'art du sifflement de jazz. Révélé sur le tard, il se produit de 1981 à 2002. Sa maîtrise technique du sifflement lui permet d'imiter les lignes des musiciens de bebop avec une clarté qui donne l'impression qu'il joue d'un piccolo, d'où le nom de sa pratique : le « puccolo », un néologisme formé à partir de « piccolo » et de « pucker ».

Ron McCroby
Nom de naissance Ronald Abbott McCroby
Naissance
Morgantown (Virginie occidentale, USA)
Décès
Aurora, (Ohio, USA)
Genre musical Jazz
Instruments clarinette, saxophone, sifflement (puccolo)
Années actives 1981-2002

Biographie

Piccolo en action

Ron McCroby, fils de barbier, grandi à Morgantown, en Virginie-Occidentale. Il apprend la musique avec un ancien membre de l'orchestre de John Philip Sousa et joue de la clarinette dans l'orchestre du lycée. Son talent de siffleur est déjà présent, il remplace alors le joueur de piccolo dans la formation Stars and Stripes Forever lors de ses arrêts maladie. Il se spécialise en musique à l'Université de Virginie-Occidentale mais se marie rapidement et accepte un emploi dans une agence de publicité de Cincinnati où il canalise ses talents musicaux dans la composition, l'arrangement et la production de publicités pour la radio et la télévision. De façon plus anecdotique, il joue la voix off d'un pingouin siffleur dans un épisode du dessin animé Scooby-Doo[1],[2].

À la fin des années soixante-dix, Ron McCroby est un cadre publicitaire de l'entreprise Little Tikes de bientôt cinquante ans, marié et père de 6 enfants. Il joue à titre d'amateur en tant que clarinettiste, saxophoniste ou flûtiste dans des groupes de jazz. En 1981, sur les conseils de sa compagne, il se produit dans un club de musique de Cincinnati. Il y siffle ce qu'il nomme le « pucculo », un néologisme composé de l'anglais « pucker whistling » pouvant se traduire par sifflement par pincement des lèvres et piccolo, une petite flûte traversière. Très apprécié du public, il est rapidement invité sur l’émission de télévision de Johnny Carson, The Tonight Show[3] qui lui donne une grande visibilité. Dès lors, il se produit dans de nombreux festivals de jazz tels que les ceux de Newport et Monterey ou encore le festival de musique à Pori, en Finlande. Toujours en 1981, il enregistre son premier album pour Concord Jazz intitulé « Ron McCroby Plays Puccolo », avec un quartet de soutien comprenant le flûtiste Sam Most, le pianiste Bill Mays, le bassiste Bob Magnusson et le batteur Jeff Hamilton. Un deuxième opus Concord, « The Other Whistler », paraît en 1984, suivi d'un troisième en 1985 nommé « Ron McCroby With The Arion Consort ». Dans ses albums, Ron McCroby siffle des standards du jazz ou de musique classique sur des thèmes allant de Blue Rondo a la Turk à Vivaldi en passant par Andy Griffith[4],[1],[2].

Ron McCroby devient semi-retraité de son ancien emploi, travaille en tant que consultant et dirige également sa propre entreprise de jingle, RAM Productions. Il prête sa voix pour plusieurs campagnes publicitaires notamment dans le rôle de l'ours Tenderheart pour la série de cartes de vœux The Care Bears, ainsi que pour un jeu vidéo Winnie the Pooh[1],[2]. Sa compagne devient son impresario[1]. Il joue avec de grands noms du jazz tels que Erich Kunzel, Frankie Laine et avec le Cincinnati Symphony Orchestra. En 2001, il se rend aux Pays-Bas et enregistre un quatrième et dernier disque intitulé « Twolips From Holland » avec le Hans Mantel Trio. Il meurt le 5 août 2002 d'une crise cardiaque[2].

Réception critique

Les critiques qualifient ses prestations de « brillantes » et considèrent les notes de son sifflement comme « riches et pures ». Ses improvisations, souvent sur des classiques du jazz tels If You Could See Me Now ou Boplicity, sont qualifiées de « musicalement impressionnantes »[1]. Il est doté d'une intonation sûre et d'une parfaite maîtrise technique. Antonio Carlos Jobim le gratifiera d'un « el mejor silbador del mundo » (le meilleur siffleur du monde)[5],[2]. Il fait partie, aux côtés de Jack Cohen et Peter Hassell, des figures clefs de la fin du XXe siècle ayant élevé le sifflement au niveau orchestral[6].

Discographie

Selon Discogs[4] et AllMusic[7] :

Références

  1. (en) David Sheff, « They Laughed When Ron McCroby Puckered Up, but Now He's Whistlin' Jazz, Not Dixie », People., (lire en ligne).
  2. (en) Steve Huey, « Ron McCroby », sur AllMusic (consulté le ).
  3. Vidéo montrant le passage de Ron McCroby à l'émission de Johnny Carson
  4. (en) « Ron McCroby », sur Discogs (consulté le ).
  5. (en) José Octavio Velasco-Tejeda, Deluxe Chimp, Palibrio, , 186 p. (ISBN 978-1-4633-9101-0).
  6. (en) J.m. Schlitz, Whistling, vol. 1, Oxford University Press, (DOI 10.1093/gmo/9781561592630.article.a2267629)
  7. (en) « Ron McCroby Albums and Discography », sur AllMusic (consulté le )

Liens externes

  • Vidéo « The Jazz Whistler - Ron McCroby » (22min 42s): Montage d'un étudiant de l'Université de Cincinnati datant de 1981 montrant un concert de Ron McCroby au Blue Wisp Jazz Club de Cincinnati, intercalé par une interview de Ron McCroby par le Dr Simon Anderson.


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