Quarante martyrs de Sébaste

Les Quarante martyrs de Sébaste étaient des soldats de la Douzième Légion en garnison à Mélitène en Arménie romaine (Turquie actuelle). Pendant la « Persécution de Licinius », ils refusèrent, malgré la souffrance qui leur fut infligée, de renier leur foi chrétienne. C'est pourquoi ils sont devenus des saints chrétiens fêtés le 9 mars[1].

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Les Quarante martyrs de Sébaste (icone bulgare de XVIIIe siècle)

Histoire et tradition

Arrêtés en mars 320, ils furent obligés de passer la nuit, nus, sur un étang gelé, en plein hiver à Sébaste (aujourd'hui Sivas[2]). On leur promit des bains chauds s'ils reniaient. Mais ils se soutenaient les uns les autres pour qu'aucun ne perde sa foi. Le seul qui la renia mourut aussitôt dans le bain à cause du changement trop violent de température. Un des gardiens, converti devant tant de piété, alla le remplacer sur le lac, de manière à maintenir le nombre sacré de quarante. Ils étaient tous morts le lendemain matin.

La mémoire de leurs quarante noms a été conservée sous plusieurs variantes qui diffèrent assez peu les unes des autres : Acace, Aétius, Alexandre, Angias, Athanase, Candide (parfois dit Claude), Cyrille, Dométien, Domnus, Ecdikios, Élie, Eunoïque, Eutychius, Flavius, Gaïus, Gorgonius, et un second Gorgonius, Hélien, Héraclius, Hésychius, Jean, Khoudion, (Léonce), Lysimaque, Mélèce, Méliton, Nicolas, Philoctimon, Priscus, Quirion, Sacerdon, Sévérien, Sisinius, Smaragde, Théodule, Théophile, Valens, Valère, Vivien, Xanthias et le gardien Aglaïos.

Cette persécution avait été ordonnée par Licinius, empereur en Orient, alors qu'il était convenu avec Constantin Ier, empereur en Occident, de laisser aux chrétiens leur liberté de conscience (édit de Milan). Pour faire respecter la fin des persécutions, Constantin prit les armes contre Licinius, le vainquit et devint seul empereur romain.

Le plus ancien témoignage écrit de leur martyre est un sermon attribué à saint Basile (BHL 7541).

Une ville d'Albanie porte le nom de ces martyrs, très vénérés dans tout le monde chrétien, Sarandë en Épire albanaise, du mot grec « Σαράντα » (Saranda) qui signifie « Quarante ».

Guillaume Apollinaire utilise cette référence dans le poème La Chanson du mal-aimé, paru en 1913 dans son recueil Alcools, comme une image de la constance amoureuse au milieu des souffrances :

« J'ai hiverné dans mon passé
Revienne le soleil de Pâques
Pour chauffer un cœur plus glacé
Que les quarante de Sébaste
Moins que ma vie martyrisés »

Références

  1. Saints Martyrs de Sébaste sur Nominis
  2. Arbgin souhde d'Sebasta - Les quarante martyrs de Sébaste (+320) Ces saints souffrirent le martyre à Sébaste, sous le règne de l'empereur Licinius, en 320

Voir aussi

Article connexe

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