Phare de la pointe des Chats

Le phare de la pointe des Chats (plus couramment appelé phare des Chats) est un phare indicateur de danger situé sur la pointe du même nom au sud-est de l'île de Groix.

Situation maritime et terrestre

Établi à 2,7 mètres d'altitude, le phare de la pointe des Chats est situé sur la côte sud-est de l'île de Groix à l'extrémité de la pointe rocheuse. Son feu couvre les hauts fonds qui se prolongent en mer[1].

Histoire

Fanal du fort de la Croix

En 1830, un petit fanal catadioptrique provisoire[2] est établi, à 45 mètres au-dessus du niveau de la mer, sur le fort de la Croix (dit aussi fort la Croix) à la pointe est de l'île. Son objet est de couvrir les pointes de roches qui prolongent la pointe des Chats dans son sud, de faciliter l'entrée de Lorient et d'indiquer le mouillage près du côté nord-est de la pointe[3].

C'est en 1835, qu'est adopté le projet d'un phare de 1er ordre, à feu fixe, sur le fort de la Croix à la pointe orientale de l'île de Groix[2]. Néanmoins, une nouvelle étude fait remarquer qu'il remplit bien sa fonction de signalement des écueils de la pointe des Chats et des approches de Port-Louis, mais que l'emplacement du fort n'est pas adapté pour un phare signalant l'atterrage de l'île aux navires venant du large. Il est décidé de maintenir le petit fanal actuel et de construire le grand phare de l'ile sur la pointe occidentale, près des ruines d'un ancien phare construit en 1792 mais resté inachevé[2].

En 1843, il dispose d'un fanal de quatrième ordre, qui produit un feu fixe visible à environ trois lieues marines[4].

En 1892, les tirs de nouvelles pièces d'artillerie de gros calibre provoquent l'ébranlement du fanal qui est également dans le champ du tir des principales pièces. Un avant-projet de déplacement du feu à la pointe des Chats est présenté le . Le une décision ministérielle demande son étude par une commission nautique. Cette commission réunie à Groix le adopte les conclusions des ingénieurs mais elle ajoute qu'elle estime indispensable d'établir également un feu, d'une portée de six milles nautiques, sur l'arête de la « pointe de la Croix » pour couvrir les dangers de la basse-Mélite (dite aussi basse-Milit) et éclairer la passe entre la basse des Chats et les dangers situés à terre. Au mois de juin les ingénieurs produisent un rapport qui propose l'adoption des conclusions de la commission qui complètent leur avant-projet[5].

Le une décision ministérielle approuve l'avis de la commission nautique et décide que le feu du fort doit être remplacé par un ensemble de deux feux : le premier situé sur la pointe des Chats doit être gardienné et le second sur l'arrête de la falaise de la pointe de la Croix doit pouvoir fonctionner sans gardien permanent. Ce projet est mis à l'étude pour être finalisé[5]. En , l'étude est achevée et doit être envoyée à l'Administration supérieure[6]. Un an plus tard, au mois d', les conférences mixtes concernant la réalisation de ce projet ont été réunies et il n'y a plus d'obstacle pour une ouverture prochaine du chantier de construction[7].

Le chantier est adjugé le pour un coût estimé à 19 300 fr. L'ouverture d'un crédit de 12 000 fr, pour l'exercice 1897, permet l'ouverture du chantier cette même année[8].

Phare

Construit vers 1897 sur une ancienne batterie de défense située sur la longue base rocheuse des Chats (appellation venant du surnom donné à ces récifs par les Groisillons de l'époque), s'étendant sur plus d'un kilomètre, il est mis en service le . Sa hauteur est de 15,22 m (17,92 m au-dessus du niveau de la mer).

Le , lors d'une tempête les vagues dévastent le jardin du gardien et l'eau de mer pénètre dans la citerne d'eau douce. Quatre journées sont nécessaires pour remettre les installations en état[9].

Description

Chaque nuit, il avertit donc les marins en direction ou en partance de Lorient de l'important danger que représente cette côte très découpée, par 1 éclat rouge toutes les 5 secondes d'une portée d'environ 19 milles (soit 35 km).

Automatisé, habité mais non gardienné, il ne se visite pas.

La pointe où il se situe constitue une réserve naturelle géologique protégée. On y trouve plusieurs types de minéraux (grenats, micaschistes, glaucophanes, épidotes...)

Notes et références

  1. « Phare de La Pointe des Chats », sur http://www.dirm.nord-atlantique-manche-ouest.developpement-durable.gouv.fr, (consulté le ).
  2. Administration générale des ponts et chaussées et des mines, « 16. Pare de l'ile de Groix (Morbihan) », Situation des travaux, , p. 266 (lire en ligne, consulté le ).
  3. Raymond-Balthasar Maiseau, Annuaire du commerce maritime, (lire en ligne), p. 42.
  4. Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne : dédié à la nation bretonne, Mollie, (lire en ligne), p. 383.
  5. « Cinquième partie : phares, fanaux, balises et amers, 1 Phares et fanaux : Déplacement du fanal du fort La Croix », Rapports du Préfet et délibérations du Conseil général / Conseil général du Morbihan, , p. 59 (lire en ligne, consulté le ).
  6. « Cinquième partie : phares, fanaux, balises et amers, 1 Phares et fanaux : Déplacement du fanal du fort La Croix (île de Groix) », Rapports du Préfet et délibérations du Conseil général / Conseil général du Morbihan, , p. 57 (lire en ligne, consulté le ).
  7. « Cinquième partie : phares, fanaux, balises et amers, 1 Phares et fanaux : Déplacement du fanal du fort La Croix (île de Groix) », Rapports du Préfet et délibérations du Conseil général / Conseil général du Morbihan, , p. 47 (lire en ligne, consulté le ).
  8. « Cinquième partie : phares, fanaux, balises et amers, 1 Phares et fanaux : Déplacement du fanal du fort La Croix (île de Groix) », Rapports du Préfet et délibérations du Conseil général / Conseil général du Morbihan, , p. 50 (lire en ligne, consulté le ).
  9. « Les inondations : Groix », La Croix, no 6403, , p. 4 (lire en ligne, consulté le ).

Bibliographie

  • « 15 planches non datées de 9 figures concernant le feu de la pointe des Chats (cote CP/F/14/17521/15) », dans Inventaire numérique détaillé des cartes et plans du service des phares et balises, Archives nationales, (lire en ligne), p. 554-556.

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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