Manufacture royale de Bains-les-Bains

La Manufacture royale de Bains-les-Bains est une ferblanterie fondée par lettre patente le [2] par autorisation de la duchesse Élisabeth-Charlotte, régente du duché de 1729 à 1737, au bénéfice des frères Jean-François et Claude Coster, fils d'un émigrant savoyard, et de leurs associés savoyards Georges Puton, et Jean-Baptiste Villiez[3].

Description

Chapelle et administration.
La chapelle.

L'ensemble du site comprend plusieurs bâtiments industriels (ateliers d'étamage (1736), halle au charbon (1779, 1859)…), des logements pour les ouvriers (XVIIIe siècle), des étables, la maison des contremaîtres, la chapelle (1735), une glacière[4] et le château (32 pièces) du maître de forge entouré d'un parc renfermant de nombreuses variétés d'arbres dont plusieurs espèces rares.

La majorité des bâtiments fut construite entre 1733 et 1737 (château, chapelle et logements d’ouvriers) par le maître de forges et fermier général Georges Puton[5] (1679-1737), puis durant la seconde moitié du XVIIIe siècle (comme la halle au charbon en 1779). En 1764, cinq commis et cent-vingt-cinq ouvriers travaillent et logent à la manufacture[6]. Comme la plupart des établissements industriels construits à cette époque, elle se trouve au bord d'un cours d'eau permettant l'utilisation de la force hydraulique et au cœur d'une forêt qui lui procure le bois et le charbon de bois nécessaires pour chauffer les forges et fourneaux.

En 1777, Claude Thomas Falatieu rachète l’usine et ajoute le canal, la fonderie, les ateliers de fabrication, la nouvelle étamerie.

En 1792, Joseph Falatieu donnera un essor important à la manufacture de fer-blanc (fer étamé) ainsi nommé par opposition au fer noir, brut de forge ou de fonderie. Il vend la Manufacture en 1793 à Prosper Chaulin qui apporte à l'établissement de nombreuses modifications et écrit C. Olivier[7] : « la mit sur un tel pied qu'elle passa pour l'une des plus remarquables manufactures de la France. » Joseph Falatieu rachète la manufacture trois ans plus tard. Cependant, la fin des privilèges pour l'approvisionnement en combustible bois dont bénéficiait la Manufacture jusqu'à la Révolution menace la survie de l'établissement[8] même si depuis la fin du XIIIe siècle, on utilisait de la houille provenant de mines de Ronchamp[9].

Au cours du XIXe siècle, le fer-blanc est abandonné au profit des clous à chevaux.

En 1983, Eric Chavane entreprend de sauver le site de la manufacture qui fera l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques depuis le [1].

La manufacture, son parc, ses jardins et sa chapelle sont aujourd’hui ouverts au public pour des visites guidées, des concerts, des animations et des conférences[10].

Historique

Marque commerciale des clous 1897.
  • 1733 : Georges Puton dirige la manufacture, Claude et Jean-François Coster, Jean-Baptiste Villiez sont ses associés. Tous sont originaires de Savoie. La régente Élisabeth-Charlotte d'Orléans, accorde au nom de son fils François III des avantages aux nouveaux propriétaires. Pour bâtir la forge, ils ont, entre autres, le droit d'user du bois des forêts ducales, obtiennent la franchise du droit d'eau sur la rivière Côney et ils obtiennent le titre de Manufacture royale[11].
  • 1742 : elle passe sous le contrôle de Joseph Antoine Vallet[12], maître de forge qui possédait alors plusieurs usines métallurgiques, moulins et papeteries tant dans la vallée de Masevaux que dans la région de Bains-les-Bains.
  • 1778 : La famille Falatieu (Joseph et Claude Thomas) devient propriétaire de l'établissement. La manufacture emploie alors près de 125 personnes et 5 commis[13], c'est une des plus importantes en France.
  • 1793 : La Manufacture est achetée par Prosper Chaulin, un riche marchand parisien de fer-blanc.
  • 1796 : J. Falatieu rachète la Manufacture.
  • 1843 : Elle prend le nom de Société Falatieu et compagnie.
  • 1897 : Société des clouteries de la Manufacture de Bains[14].
  • 1914 : Mise en service d'une saboterie.
  • 1951 : Fin des activités.
  • 1979 : Début de la restauration.
  • 1988 : Inscription au titre des monuments historiques par arrêté du [1].

Personnages célèbres

Plaque à l'effigie de Julie-Victoire Daubié, musée de la broderie Fontenoy-le-Château.

Julie-Victoire Daubié[15] (1824-1874), journaliste économique et première bachelière de France en 1861, naît à la Manufacture en 1824 où son père occupe les fonctions de directeur[16] ou commis caissier. À la mort de son père en 1825, elle n'a que 20 mois[17], sa mère rejoint Fontenoy-le-Château où la fillette passera son enfance[18].

Annexes

Bibliographie

  • Jules Renauld, J.-B. et J.-F. Villiez père et fils, marchands-banquiers à Nancy (1690-1789) : souvenirs historiques lorrains, L. Wiener : H. Lemoine, (OCLC 457718555, lire en ligne), p. 10-13.
  • Joseph Louis Falatieu, biographie, Dictionnaire des Vosgiens célèbres[19].
  • Bruno Malinverno, La manufacture de fer blanc, Bains-les-Bains - Vosges, p. 34-35, dans Jean-François Belhoste et Paul Smith, Patrimoine industriel cinquante sites en France, Paris, Éd. du Patrimoine, coll. « Images du patrimoine » (no 167), , 128 p. (ISBN 978-2-85822-189-9).
  • Dictionnaire universel de commerce, banque, manufactures ..., vol. 1, p. 633-634, éd. F. Buisson, 1805

Article connexe

Lien externe

Notes et références

  1. « Manufacture », notice no PA00107087, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  2. Annales agricoles de la Lorraine, p. 143, éd. Grimblot, Raybois, 1841.
  3. Chantal Maistre, Gilbert Maistre, Georges Heitz, Colporteurs et marchands savoyards dans l'Europe des XVIIe et XVIIIe siècles, p. , éd. Académie salésienne, 1992, (ISBN 9782901102090)
  4. La glacière de la Manufacture Royale de fer blanc
  5. Georges Puton a également construit à cette époque le château Puton sur la commune du Clerjus.
  6. baron De Dietrich, Description des gîtes de minerai et des bouches à feu de la France, vol. 3, p. 155, éd. Didot, 1800.
  7. C. Olivier, Bains-les-Bains, p. 342.
  8. Dictionnaire universel de commerce, vol. 1, p. 633, éd, F.Buisson, Paris, 1805.
  9. Compte-rendu des travaux des ingénieurs des mines: de 1834 à 1845, p. 41, éd. Imprimerie royale, Paris, 1843.
  10. Le second souffle de la Manufacture Royale. Le site prestigieux de Bains-les-Bains, né au milieu du XVIIIe siècle, se tourne vers le tourisme
  11. Recueil des ordonnances de Lorraine, T. 5, p. 229
  12. « Usine métallurgique dite Forge du Moulin-aux-Bois puis Société Béjot-Plaisance, puis usine de quincaillerie (clouterie) », notice no IA88000330, base Mérimée, ministère français de la Culture, enquête thématique régionale (ancienne métallurgie vosgienne) ; patrimoine industriel
  13. C.Olivier, Annales de la Société d'émulation du département des Vosges, p. 152, 1910
  14. « usine de ferblanterie dite Manufacture Royale de Fer Blanc, puis Société Falatieu et Cie, puis usine de quincaillerie dite Société des Clouteries de la Manufacture de Bains, puis usine liée au travail du bois (saboterie) ; actuellement SARL la Manufacture de Bains », notice no IA88000329, base Mérimée, ministère français de la Culture
  15. Sylvie Chaperon et Christine Bard, Dictionnaire des féministes. France : XVIIIe-XXIe siècle, Presses Universitaires de France, (ISBN 978-2-13-078722-8, lire en ligne)
  16. Profession portée sur l'acte de mariage Colleuille/ Daubié, Aillévillers, 28 mai 1808, Archives départementales de Haute-Saône
  17. Son cousin, l'historien Contant Olivier indique lui l'âge de 2 mois dans Histoire de Fontenoy, Annales de la Société d'émulation du département des Vosges, 1894.
  18. Véronique André-Durupt, La première "bachelier" : Julie Victoire Daubie, Fontenoy-le-Château, Les Amis du Vieux Fontenoy, , 119 p. (ISBN 978-2-7466-3362-9, OCLC 762779229)
  19. Joseph-Jules Falatieu, fils de Joseph Louis Falatieu, dit Falatieu le Jeune), Biographie vosgienne
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