Kyōko Aizome

Kyōko Aizome (|愛染 恭子, Aizome Kyōko), de son nom patronymique Kyōko Teranishi[3], est une actrice japonaise du film érotique, une chanteuse, une réalisatrice de films pornographiques et un écrivain[4] qui a été surnommée « Première actrice de la pornographie 'hard' au Japon »[5].

Kyōko Aizome
Kyōko Aizome (1980- )
Nom de naissance Kyōko Teranishi
Alias
Kyōko Aizome, Kyōko Aoyama
Naissance [1], [2].
Noda, Préfecture de Chiba, Japon
Nationalité Japonaise
Profession
Caractéristiques physiques
Yeux Marrons
Cheveux Bruns
Carrière
Années d’activité novembre 1981-juillet 1994

Biographie

Kyōko Teranishi alias Kyōko Aizome, alias Kyōko Aoyama est née le à Noda, ville située dans la Préfecture de Chiba, Japon. Aizome grandit dans un climat familial dégradé. Son père, officier de police, bat sa mère ce qui aboutit à un divorce en 1974. Aizome est alors âgée de 16 ans[5].

Peu après avoir obtenu son diplôme de fin d'études secondaires, Aizome est dénichée dans le quartier de Shinjuku dans la banlieue de Tokyo par un photographe spécialisé dans les photos de nus pour les magazines du genre. Elle voit ce métier comme le marchepied vers une carrière dans les divertissements.

Carrière

Elle prend tout d'abord comme nom de scène Kyōko Aoyama et paraît sous ce nom dans des films du réalisateur Shinya Yamamoto: Molester's Subway[4], de Yasuharu Hasebe: "Violent pink" (1978) et de Nikkatsu dans une vidéo de la série Roman Porno: Raping! (Yaru!)[6]. Le réalisateur Noboru Tanaka lui confie un rôle essentiel dans un des épisodes de Roman Porno: Pink Salon: Five Lewd Women (1978), basé sur un roman érotique intitulé Five Licentious Women alias Five Women Who Loved Love par Ihara Saikaku[7]. L'année suivante, on la retrouve dans Koichiro Uno's Moist And Steamy (1979), septième épisode de la série Kōichirō Uno, produite par la firme Nikkatsu sous la direction du réalisateur Akira Kato[8] et, un an plus tard, en 1980, dans Nami, troisième volet de la production de Nikkatsu Angel Guts. Elle est cette fois dirigée par le réalisateur Noboru Tanaka[9]..

Daydream (Rêv[ass]erie)

L'actrice fait ses débuts dans la toute nouvelle industrie de la vidéo pour adultes en novembre 1981. Elle est alors la plus jeune Idole de la vidéo pour adultes[10].

Le réalisateur et pionnier des pinku eiga[11], Tetsuji Takechi, remarque Aizome sur l'une des photos la représentant nue dans une revue spécialisée. Tetsuji tourne le film Daydream en 1964. Il s'agit alors d'un film rose à gros budget. Il décide de réaliser une nouvelle version plus pornographique de ce film, Daydream 1984, et choisit Aizome pour son premier rôle principal. C'est le premier film japonais mettant en scène des rapports sexuels « vécus » mis sur le marché. Pour faire taire des controverses au sujet de ce film, l'actrice admet avoir eu des relations sexuelles bien réelles. Bien que la censure japonaise exige que les organes sexuels et la pilosité pubienne soient brouillés à l'écran, le journal Asahi Shimbun qualifie cette vidéo de premier film pornographique japonais « hard »[5]. Dans les années 1980, la pornographie « pure et dure » commence à s'imposer chez les spectateurs japonais[12], et le film devient un coup de maître. Des copies non censurées circulent également sous le manteau[13].

Aizome gagne une réputation nationale de première étoile du film pornographique japonais comparable au statut d'une actrice américaine comme Linda Lovelace ou Marilyn Chambers.

Son nom devient un argument de vente et paraît dans les titres de vidéos bien plus tardives telle que Kyōko Aizome's Somber Reminiscence [14](Aizome Kyōko Kareinaru Tsuioku) en 1983[15] ou Kyōko Aizome's Widow's Boarding House [16] (Aizome Kyōko no Mibōjin Geshuku) (1984) de Shinya Yamamoto[17].

La notoriété d'Aizome l'amène à embrasser une carrière de stripteaseuse avec un succès qui ne se dément pas jusqu'à sa retraite en juillet 1994. Elle est arrêtée et écrouée au cours d'un striptease pour avoir pris des positions indécentes. En prison, elle passe son temps à revoir sa carrière et se consacrer entièrement à des activités de distraction pour adultes. Elle décide également de construire une maison de deux étages et six chambres qu'elle donnera à sa mère[5].

Takechi Tetsuji tourne Daydream pour la troisième fois en 1987. Le film intitulé Daydream 3 a de nouveau Aizome pour actrice dans le rôle principal. Pour Weisser, chaque version est de plus en plus exploitée jusqu'à la dernière, exportée aux États-Unis sous le titre Captured For Sex, la plus quelconque, axée sur des scènes de sexe et de torture[18]

L'après Daydream

Depuis Daydream, Aizome joue et réalise de nombreuses vidéos pour adultes ainsi que des films pornographiques roses. En 1986, dans une de ses plus belles prestations, Aizome se fait restaurer l'hymen afin qu'il soit rompu pour les besoins du film. Auparavant banale, la plastie hyménéale a connu une grande faveur au Japon à l'époque où Aizome y a eu recours..Le médecin qui a pratiqué l'opération rapporte qu'il a fait cette intervention sur un couple dans sa cinquantième année qui, après avoir vu le film d'Aizome, ont souhaité en bénéficier pour une seconde lune de miel. Dans un article concernant cette intervention, Aizome déclare à l'envoyé du journal Shukan Bunshun: « They strung a thread almost like a piano wire through the entrance to my vagina and pulled it like a drawstring to recreate the hymen. They give your privates a local anesthetic, so the operation itself doesn't really hurt. I really felt like a virgin again. » (NDT: « Ils ont passé un fil ressemblant à une corde de piano à travers l'entrée de mon vagin et l'on tiré comme un cordon pour recréer l'hymen. Ils pratiquent une anesthésie locale afin que l'intervention ne soit pas réellement douloureuse. Je me suis sentie véritablement vierge à nouveau »).

Aizome acquiert une renommée internationale en 1996 avec la sortie du film Traci Takes Tokyo produit par Traci Lords. La société de production lui impose alors le nom de "Kyōko Izoma"[19]. La vidéo est tournée à Tokyo avant le scandale ayant touché Lords[20]. En conséquence, il est autorisé à la publication aux États-Unis. Sa scène lesbienne avec Lords a été utilisée une seconde fois dans Beverly Hills Copulator.

Elle se retire de la scène pornographique au mois de juillet 1994 mais continue épisodiquement à se produire dans des films érotiques. Elle travaille derrière la caméra, écrit et réalise des vidéos pour l'industrie pornographique[21].

En 2001, Aizome écrit des conseils concernant le sexe et la santé pour les japonaises sous le titre « Auntie Agony »[5].

Elle fait équipe avec l'idole de la vidéo pour adultes Hitomi Kobayashi en février 2001 dans le film Kyōko Aizome vs. Hitomi Kobayashi: Sexual Excitement Competition (愛染恭子VS小林ひとみ 発情くらべ). Elle y a interprété un rôle et dirigé les prises de vues pour le compte de Nikkatsu qui en a assuré la distribution après la fin de sa série Roman Porno sous le label Excess Films[22], [23].

Une seconde vidéo pour adultes, Lesbian Wives, interprétée par les deux actrices et également réalisée par Aizome parait en mars. Aizome et Kobayashi jouent le rôle de deux femmes de yakuzas lesbiennes[24]. Deux ans plus tard, elle réalise Lesbian Politicians (2003) avec la prisée et talentueuse Ai Kurosawa[25].

Après plusieurs années loin du public, Aizome refait parler d'elle en 2007 lorsqu'elle se fait arrêter pour avoir frappé sa nièce. Aizome admet les faits et se voit infliger une amende de 500 000 yens. Elle explique : « J'ai frappé ma nièce pour la punir de sortir avec mon amant. Mais cela a été trop loin...[26], [21] »

Filmographie (partielle)

Pour une filmographie complète, visiter le site[27].

  • Pink Salon: Five Lewd Women (ピンクサロン 好色五人女, Pink Salon: Kōshoku Gonin Onna) (1978)
  • Angel Guts: Nami (天使のはらわた 名美, Tenshi no Harawata: Nami) (1979)
  • Koichiro Uno's Moist And Steamy (宇能鴻一郎のあつく湿って, Uno Kōichirō No Atsuku Shimette) (1979)
  • Daydream (film de 1981 (白日夢, Hakujitsumu) (1981)
  • Kyōko Aizome's Somber Reminiscence (Aizome Kyōko Kareinaru Tsuioku) (1983)
  • Kyōko Aizome's Widow's Boarding House (愛染恭子の未亡人下宿, Aizome Kyōko no Mibōjin Geshuku) (1984)
  • Traci Takes Tokyo (1986)
  • Daydream 2 (白日夢2, Hakujitsumu Zoku) (1987)

Notes et références

  1. Données de l'infobox tirées de: (en) « 愛染 恭子 – Aizome Kyouko (Profile) », 'Web I-dic' (consulté le )
  2. (en) Koizumi, Shinichi« Porn-star label now a badge of honor for actress »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogle • Que faire ?), [https://web.archive.org/web/20011203120520/http://www.asahi.com/english/weekend/K2001120100409.html Asahi Shimbun, (consulté le ).
  3. « Former actress Kyōko Teranishi arrested for beating niece », (consulté le )
  4. (en) « Kyōko Aizome »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogle • Que faire ?), xxx.xcity.jp/SHIN-TOHO/ (consulté le ).
  5. Koizumi, Shinichi « Porn-star label now a badge of honor for actress »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogle • Que faire ?), [https://web.archive.org/web/20011203120520/http://www.asahi.com/english/weekend/K2001120100409.html Asahi Shimbun, (consulté en ) (en anglais).
  6. « YARU! / RAPING! », Complete Index to World Film (consulté le ) (en)
  7. Weisser,Thomas & Yuko Mihara: Japanese Cinema Encyclopedia: The Sex Films, 1998, ital Books : Asian Cult Cinema Publications, Miami, p. 312, (ISBN 1-889288-52-7) (en).
  8. Weisser, p.449.
  9. Angel Guts – The Nikkatsu Series – Edition Collector de 5 DVD – High School Co-ed; Red classroom; Nami; Red Porno; Red Vertigo. 2005. www.artsmagicdvd.com ATU 017. Disc3: Nami; Biographies: Kyōko Aoyama.
  10. « 1981 »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogle • Que faire ?), AV 研究所 (AV Research Laboratory) (consulté le ) (en)
  11. Le Pinku eiga (ピンク映画), littéralement cinéma rose, est une forme de cinéma érotique japonais qui a prévalu dans les foyers au cours des années 1960 et 1970
  12. Weisser, p.29
  13. Weisser, p.91
  14. Les Sombres Réminiscences d'Aizome
  15. Firsching, Robert « Aizome Kyōko Kareinaru Tsuioku », All Movie Guide (consulté le ) : « « This softcore pinku eiga film from Joy Pack Film and director Tadashi Yoyogi was made to capitalize on the notoriety of starlet Kyōko Aizome. She had attracted some notice by breaking the Japanese film taboo of displaying pubic hair in Tetsuji Takechi's 1981 remake of his 1964 classic Hakujitsumu.»
    NDT: « Ce film rose, pinku eiga, produit par Joy Pack Film [sous la direction du] réalisateur Tadashi Yoyogi a été tourné pour capitaliser sur la notoriété de la jaune actrice Kyōko Aizome. Elle a été remarquée pour avoir brisé le tabou des films japonais en dévoilant sa pilosité pubienne dans la version de 1981 du film, le classique Hakujitsumu, que Tetsuji Takechi avait tourné en 1964. » »
    (en)
  16. La Pension de Famille pour Veuve de Kyōko Aizome
  17. Weisser, p.230
  18. Weisser, p.102-103
  19. Il est fréquent que les actrices du film pornographique changent leur nom plusieurs fois au cours de leur carrière. En effet, celui-ci leur est imposé par la firme pour laquelle elles travaillent. Lorsqu'elles changent de studio, elles changent aussi leur nom.
  20. Au mois de mai 1986, les autorités américaines découvrent que Tracy Lords n'a pas l'âge requis pour travailler dans la pornographie. Elle est arrêtée en même temps que le propriétaire de son agence. Le procès qui en est résulté a coûté des millions de dollars aux protagonistes car il a fallu rappeler des centaines de milliers de bandes vidéo et de magazines pornographiques afin d'éviter des poursuites pour trafic de pornographie concernant des mineurs
  21. « Hell hath no fury like a porn star scorned -- just ask her niece », Mainichi Shimbun, (consulté le ) : « « After retiring from the porn world in 1994, Teranishi became a sex counselor and a porn film director. »
    NDT: « Après avoir cessé d'interpréter la pornographie en 1994, Teranichi devint une conseillère en matière de sexe et un réalisateur de films pornographiques. ». »
  22. « 愛染恭子VS小林ひとみ 発情くらべ », Japanese Movie Database (consulté le ) (ja).
  23. « Bed Partner 1988 (review) », The New York Times (consulté le Date invalide (31-052007)) : « « ...the legendary studio proper [Nikkatsu] (its stepchild, Excess Films, limped along for years thereafter... »
    NDT: ...le légendaire studio [appartenant en] propre à Nikkatsu (son beau-fils, Excess Films, avança tant bien que mal pendant quelques années après cela... »
    (en)
  24. (en) « Lesbian Wives », AV Idol Directory (consulté le ) (en)
  25. « Lesbian Politicians », AV Idol Directory (consulté le ) (en).
  26. « I hit my niece to punish her for dating my boyfriend. But it went too far... »
  27. (ja) « 愛染恭子 (Aizome Kyouko) », Japanese Movie Database (consulté le )

Sources

Liens externes


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