Jeunesse socialiste suisse

La Jeunesse socialiste suisse (abrégé en JS Suisse ou JSS, en allemand JungsozialistInnen Schweiz, JUSO Schweiz ou JUSO, en italien Gioventù Socialista Svizzera, GS Svizzera ou GS, en romanche Giuventetgna Socialista Svizra, GS Svizra ou GS) est l'organisation de jeunesse officielle du Parti socialiste suisse (PS), créée en 1961.

Pour les articles homonymes, voir JSS.

Jeunesse socialiste suisse

Logotype officiel.
Présentation
Présidente Ronja Jansen
Fondation 1906
Siège Theaterplatz 4, 3011 Berne, Suisse
Idéologie Social-démocratie
Affiliation européenne YES
Affiliation internationale IUSY
Adhérents env. 3 600 (2019)
Couleurs rouge
Site web juso.ch/fr

Ses membres sont âgés de 14 à 35 ans et sont réunis dans 47 sections (état 2016) dans tout le pays. Au niveau international, la JSS est membre de la IUSY et membre associée de la YES (Jeunes socialistes européens).

La Jeunesse socialiste suisse est représenté au Conseil national par huit membres[Qui ?]. Elle est relativement proche de l'aile gauche du PS, dite syndicale (socialisme réformiste), majoritaire dans les cantons romands.

Le parti publie un journal trilingue appelé Infrarouge.

Histoire

Nouveau départ après 1945

En 1961, la « Jeunesse social-démocrate » (VJS) est fondée[1].

Dès 1971, elle est appelée « Jeunes socialistes suisses » (JSS). Elle porte aujourd’hui encore ce nom. Son premier président est le conseiller national Andreas Gross, qui reste en fonction jusqu'en 1983.

Pendant ce temps, de nombreux JSS participent à la formation du Groupe pour une Suisse sans armée (GSSA).[réf. nécessaire] Le lancement de la première initiative pour l'abolition de l'armée en 1989 conduit à des tensions avec le parti socialiste.

Le milieu des années 1990, le conflit entre «réformistes» et «marxistes», s'intensifie, comme le mentionne eux-mêmes les deux camps[réf. nécessaire]. Il existe des débats, par exemple, sur la présence au gouvernement du PS ou le renversement du capitalisme. La JSS s’occupe, à cette époque, essentiellement d’elle-même. À une exception, le lancement de l’initiative sur l'apprentissage (LIPA) qui est en 2003 rejetée par le peuple.

Un renouveau à partir de 2007

En 2007, le PS perd les élections. En plus des jeunes démocrates-chrétiens, la JSS est le seul parti de jeune sans conseiller national ou conseiller aux États. À ce moment, le parti prend conscience que des changements sont nécessaires. La JSS se dote d’un bureau pour gérer le parti au quotidien.

En , il est décidé de réintroduire une présidence après plus de vingt années. Le , Cédric Wermuth, 22 ans, de Baden, remporte l'élection dans laquelle il était opposé à Priska Grütter de Roggwil par 46 voix contre 8. Cédric Wermuth étudie les sciences politiques à Zurich et a déjà été actif à plusieurs fonctions au sein de la JSS. Le , Cédric Wermuth, déjà président de la JSS, a été élu vice-président du PSS et porte ainsi les deux casquettes. Il a été élu au Conseil national en 2011.

Durant cette période, la JSS a connu une croissance rapide, passant de 1500 à plus de 3 000 membres[réf. nécessaire]. La présence du parti dans les médias et l’influence de la JSS sur le PS augmentent. La formation des membres redevient une priorité. En , plus de 150 personnes participent au premier camp d’été de la JSS.

En , l’initiative « 1:12 pour des salaires équitables » est lancée. La proposition est la suivante : dans une entreprise, personne ne peut gagner plus en un mois que ses employés en 12 mois. En , l'initiative est déposée. En , l’initiative 1:12 obtiendra 35 % de votes positifs.

Nouveau bureau, nouvelle initiative

Le parti se renouvelle avec l’élection de David Roth comme président après Cédric Wermuth et l’entrée de Kristina Schüpbach comme secrétaire centrale à la place de Tanya Walliser. Puis, ils seront rejoints par Filippo Rivola, vice-secrétaire central et responsable pour la Romandie. Lors des élections nationales de l'automne 2011, la JSS aligne 167 candidats dans 17 cantons et obtient un peu moins de 1 % des voix des électeurs suisses.

En 2012, la JSS a adopté un nouveau document de fond, Démocratie socialiste, présentant sa vision du dépassement du capitalisme par le socialisme démocratique. Ce document comporte notamment la socialisation des moyens de production, l'autogestion dans l'organisation du travail, et l'abolition du salariat.

La JSS lance en 2012 sa deuxième initiative: "Pas de spéculation sur les denrées alimentaires". L'initiative a été déposée, en 2014, à la Chancellerie fédérale, avec environ 140 000 signatures.

Positions

La JSS s’engage pour une société dans laquelle personne n’est défavorisé du fait de son origine, de la couleur de sa peau ou de son genre. Le traditionnel appel qu’elle poursuit est d’atteindre son objectif grâce à l’utilisation de la démocratisation de l’économie et de la distribution des politiques et des initiatives réglementaires telles que l’initiative 1 :12 et l’initiative contre la spéculation sur les denrées alimentaires[2].

Elle se bataille aussi contre les interdictions de périmètre ou zone géographique. En été 2008, la JSS appelait par exemple, aux organisateurs de Bottelones de ne pas tenir compte des interdictions de périmètre dans une ville comme Berne.

La JSS était très critique vis-à-vis de l’armée suisse, et participe, par exemple, au référendum contre l’achat de nouveaux avions de combat. Elle s’engage pour la protection du climat et exige la sortie de l’énergie nucléaire.

Dans la politique de formation, la JSS appelle à l’abolition des notes qui devraient être remplacées par une « appréciation qualitative ». Elle appelle également à une augmentation du personnel enseignant, puisqu’elle espère un meilleur environnement d’apprentissage pour les élèves. La JSS exige aussi un salaire minimum pour les apprenti-e-s. Les bourses d’études devraient être, à l’échelle nationale, plus unifiées et garantir le minimum vital.

Initiatives

1:12 – pour des salaires équitables

En , la JSS lance l’initiative « 1:12 pour des salaires équitables ». La proposition est la suivante : dans une entreprise, personne ne peut gagner plus en un mois que ses employés en 12 mois. L’initiative fait sensation à l’échelle nationale et scandalise les partis de la droite bourgeoise. En , l’initiative est déposée avec près de 130 000 signatures.

L’initiative est soumise au vote populaire en . Elle obtient 35 % de votes en sa faveur. Le canton du Tessin est le plus ouvert à la proposition avec 49 % de oui.

Pas de spéculation sur les denrées alimentaires

En 2012, la JSS lance sa deuxième initiative : « Pas de spéculation sur les denrées alimentaires ». Cette initiative vise à interdire aux banques et aux caisses de pensions de jouer sur les prix des denrées alimentaires sur les marchés boursiers. Elle interdit l’échange ou la création d’outils financiers sur les contrats à terme. L'initiative a été déposée, en 2014, à la Chancellerie fédérale, avec environ 140 000 signatures. L’initiative a été rejetée par 40,1 % d'avis favorables contre 59,9 %, lors du vote du . Seuls les cantons du Jura et de Bâle-Ville ont accepté l’initiative.

99 %

C'est le que la JSS lance sa troisième initiative : « Alléger les impôts sur les salaires, imposer équitablement le capital » dite Initiative 99 %. Celle-ci propose que les revenus issus du capital soient imposable avec un coefficient de 150 %. En toile de fond, il s'agit de dénoncer le fait que les salaires, revenus du travail, soient imposés plus fortement que les revenus issus de la détention d'un patrimoine.

Organisation

Relations avec le PS

La JSS est une association indépendante, regroupant des jeunes membres ou non du PS. Cela étant, elle est reconnue comme jeunesse de parti officielle du PS Suisse et elle s'engage totalement au sein du PS pour influencer les positions du parti. Elle dispose notamment d'un représentant au Comité directeur, élu par l'Assemblée annuelle de la JSS.

Elle a par le passé affiché publiquement ses divergences avec le PS, par exemple en demandant en 2002 la démission du ministre PS Moritz Leuenberger, jugé trop à droite en matière de services publics[3].

Comité directeur

  • Ronja Jansen (présidente)
  • Muriel Günther (secrétaire centrale)
  • Mathilde Mottet (vice-secrétaire centrale)
  • Nicola Siegrist (vice-président)
  • Pauline Schneider (vice-présidente)
  • Barbara Keller
  • Sandro Covo
  • Simon Constantin
  • Mia Jenni

Références

  1. Hans Hirter (trad. Pierre-G. Martin), « Jeunesses des partis » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du .
  2. « Prgramme », sur juso.ch (consulté le ).
  3. « JUSO Schweiz », sur www.juso.ch (consulté le ).
  4. « Comité Directeur : JS Suisse », sur www.juso.ch (consulté le ).

Annexes

Bibliographie

  • (de) Urs Kälin, "Leben heisst kämpfen" : Bilder zur Geschichte der Sozialistischen Arbeiterjugend Zürich, 1926-1940, Chronos Verlag, , 176 p. (ISBN 3-0340-0528-8 et 978-3-0340-0528-9, OCLC 247923196)

Lien externe

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