Jacques Balmat

Jacques Balmat, dit « Balmat du Mont-Blanc »[1] ou « Mont Blanc », né en 1762 dans la vallée de Chamonix dans le village des Pélerins et mort en dans la vallée de Sixt, était un chasseur de chamois, cristallier et guide qui réussit la première ascension du mont Blanc (4 809 mètres) en compagnie du docteur Paccard, le .

Jacques Balmat
Jacques Balmat à l'ascension du mont Blanc,
peinture de Bacler d'albe en 1787.
Biographie
Naissance ,
Chamonix (Duché de Savoie)
Décès ,
Sixt-Fer-à-Cheval
Surnom Balmat du Mont-Blanc
Carrière
Disciplines Alpinisme
Compagnons de cordée Michel Paccard
Ascensions notables Première ascension du mont Blanc
Plus haut sommet Mont Blanc
Profession guide de haute montagne, cristallier, chasseur de chamois

Biographie

Jacques Balmat est né en 1762[2], peut-être le [3], dans le village au pied du glacier des Pélerins[3]. La vallée de Chamonix appartient à cette époque au duché de Savoie, qui est une composante du royaume de Sardaigne.

Un passeport du 18 nivôse de l'an VII () indique qu'il mesurait 1 mètre 70[3].

Jacques Balmat acquiert une grande robustesse et une parfaite connaissance de la montagne en pratiquant la chasse aux chamois et la recherche de cristaux, avant de devenir l'un des compétiteurs lancés à la conquête du mont Blanc. Cette compétition était de plus motivée par une promesse de forte récompense, faite dès 1760 par Horace-Bénédict de Saussure, au premier qui atteindrait le sommet. Balmat entreprend une infructueuse tentative solitaire début et apprend à son retour que cinq guides sont partis en direction du sommet. Il repart presque aussitôt et les rattrape à hauteur des Grands Mulets. Au col du Dôme, alors que ses compagnons renoncent, il poursuit seul et après un bivouac improvisé, il redescend à son tour, persuadé que la cime du mont Blanc ainsi que la récompense sont désormais à portée. Il cherche immédiatement un compagnon d'ascension qui puisse ensuite témoigner en cas de réussite.

Pour sa troisième tentative, Balmat sollicite le docteur Paccard, médecin à Chamonix et bon alpiniste qui avait pris part lui aussi à plusieurs tentatives. Les deux hommes partent discrètement le et bivouaquent avant de se lancer à l'assaut du sommet le à l'aube, sans cordes, sans piolets ni crampons, par un itinéraire dangereux qui sera abandonné en 1820. Ils parviennent au sommet à 18 h 23. Paccard est rendu aveugle par la réverbération de la neige et fait toute la descente les yeux rouges et fermés. En arrivant dans la vallée, les deux hommes apprennent que Judith, la dernière fille de Jacques Balmat nouvellement née et soignée par le docteur Paccard, est décédée. Balmat se rend ensuite à Genève pour rendre compte à M. de Saussure de son succès.

À la suite de cette réussite, le roi de Sardaigne, souverain du Piémont et de la Savoie, autorise Balmat à s'appeler Balmat du Mont Blanc[4]. Balmat répète l'ascension du mont Blanc le en compagnie de deux autres guides et le de la même année il conduit Horace-Bénédict de Saussure au sommet ; la cordée comporte alors 17 autres guides ainsi qu'un domestique. Horace-Bénédict de Saussure procède alors au premier calcul de l'altitude du mont Blanc : il trouve comme altitude 2 450 toises, soit 4 775 mètres, au lieu de 4 809 ; l'erreur est infime pour l'époque. Lors d'une ascension effectuée en , il est accompagné de Marie Paradis qui devient la première femme à atteindre le sommet enneigé. Balmat gravit une dernière fois le mont Blanc le .

Le guide disparaît en 1834 à l'âge de 72 ans en tombant dans une crevasse dans le Grand Mont Ruan (massif du Giffre) alors qu'il cherche un filon d'or[5]. Son corps n'a pas été retrouvé.

Hommage

Monuments

Chamonix, statue du guide Jacques Balmat indiquant le sommet mont Blanc à Horace-Bénédict de Saussure.
Détails du médaillon représentant Jacques Balmat, sculpture d'Émile Sanson (1878).

La commune de Chamonix possède deux monuments dédiés à Jacques Balmat. Le premier est un bloc de granite du Mont-Blanc comportant un médaillon réalisé par le sculpteur Émile Sanson[3],[2], rappelant les traits de Balmat. Il s'agit d'une commande de la Société géologique de France et du Club alpin français, inauguré le [3],[2], mentionnés dans une inscription sur le bloc. Installé devant l'église, il a depuis été déplacé[2]. Le second, élevé à l'occasion du centenaire de l’ascension du Mont Blanc et inauguré le , est un groupe en bronze représentant Horace de Saussure et son guide qui lui montre le chemin à suivre pour atteindre la cime[3],[6]. L'œuvre a été réalisée par le sculpteur Jules Salmson[3],[6] et installée sur une place qui porte le nom du guide.

Le bâton de Jacques Balmat

Pour sonder les ponts de neige et franchir les crevasses lors de son expédition des 7 et 8 août 1786, Jacques Balmat fabrique au préalable de ses propres mains un bâton cylindrique en sapin de la forêt des Pèlerins, de 5 cm de diamètre, 3 m de long et d'un poids de 1,7 kg auquel il ajoute une pointe en fer. Ce bâton, vendu aux enchères avec les biens du guide après sa mort en 1834, arrive dans la famille Devouassoud où il est transmis de père en fils sans que cela soit connu. En 2017, le descendant Devouassoud de la cinquième génération estime que cet objet appartient plus à l'Histoire qu'à la famille. Il en fait alors don au musée alpin de Chamonix-Mont-Blanc. Le bâton a depuis trouvé sa place sur la reproduction du célèbre tableau du peintre Bacler d'albe de 1787[7].

Nom de voie et d'équipement

Une rue de Genève, parallèle à la rue Horace-Bénédict de Saussure, porte son nom.

Un des gymnases de Vétraz-Monthoux a été baptisé en mémoire de l'alpiniste[8].

Annexes

Bibliographie

  • Michel Carrier, Notice biographique sur Jacques Balmat, dit Mont-Blanc, Ch. Gruaz, 1854 [lire en ligne]
  • A. Den Doolard, Le Vainqueur du mont Blanc, Édition Albin Michel, 1950
  • Georges Lenotre, Héros d'aventures, Marabout, 1957, chapitre XIII : « Le vainqueur du Mont-Blanc », pages 119 à 127
  • Jean-Pierre Spilmont, Jacques Balmat dit Mont-Blanc, Albin Michel, prix du Livre d’Histoire de la SGDL, 1987, réédition en 2003 aux éditions Guérin
  • Gérard Bordes, Grande Encyclopédie de la Montagne, t. 2, Paris, Atlas, , 2400 p.
  • Roger Canac, Jacques Balmat dit Mont-Blanc, nouvelle édition, 1986
  • Daniel Grévoz, Jacques Balmat, les traces ultimes d'un chercheur d'or, éditions du Mont Blanc, 2018.

Articles connexes

Liens externes

Notes et références

  1. Marc Boyer, Histoire générale du tourisme du XVIe au XXIe siècle, Éditions L'Harmattan, , 327 p. (ISBN 978-2-7475-8432-6, lire en ligne), p. 174.
  2. Michel Germain, Personnages illustres des Savoie : "de viris illustribus", Lyon, Autre Vue, , 619 p. (ISBN 978-2-915688-15-3), p. 47.
  3. Chanoine Joseph Garin, Le Beaufortain : une belle vallée de Savoie : guide historique et touristique illustre, Montmélian, La Fontaine de Siloé, (réimpr. 1996) (1re éd. 1939), 287 p. (ISBN 978-2-84206-020-6 et 2-84206-020-2, lire en ligne), p. 103-132, « Chapitre VII - Jacques Balmat ».
  4. Charles Durier, Histoire du Mont-Blanc: conférences faites à Paris les 23 et 30 mai 1873, Sandoz et Fischbacher, 1873, 96 pages, p. 42.
  5. Jean-Philippe Buord, Les Mystères de la Haute-Savoie, Éditions de Borée, , 349 p. (ISBN 978-2-84494-300-2), p. 195.
  6. Annick Bogey, « Le patrimoine architectural de Savoie au XIXe siècle », Patrimoine et littérature, sur le site des Archives départementales de la Savoie et de la Haute-Savoie - Sabaudia.org (consulté le ), p. 3, « II- urbanisme et patrimoine civil en pays de Savoie. B. Les statues commémorant des événements ».
  7. Jean-Paul Roudier, « Le bâton de Jacques Balmat surgit du passé ! » in revue Le Mont Blanc, no 95 de .
  8. « Locaux sportifs de l'agglomération », sur https://www.annemasse-agglo.fr
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