Institut bouddhiste de Larung Gar

L’Institut bouddhiste de Larung Gar (tibétain : བླ་རུང་ལྔ་རིག་ནང་བསྟན་སློབ་གླིང་།, Wylie : bla rung lnga rig nang bstan slob gling, pinyin tibétain : Larung Ngarig nangdän lobling, THL : la rung nga rik nang ten lob ling ou tibétain : གསེར་རྟ་བླ་རུང་ལྔ་རིག་ནང་བསྟན་སློབ་གླིང་, THL : ser ta la rung nga rik nang ten lob ling ; chinois : 喇荣五明佛学院 ; pinyin : Larong Wuming foxueyuan) est un institut fondé en 1980 par le lama nyingmapa Khenpo Jigme Phuntsok à Larung Gar, bourg-canton du xian de Sêrtar, dans la préfecture autonome tibétaine de Garzê, dans le Sichuan (République populaire de Chine)[1].

Institut bouddhiste de Larung Gar

Vue de l'institut depuis le Nord
Présentation
Culte Bouddhisme tibétain Ecole de Nyingma
Type village-institut
Début de la construction 1980
Géographie
Pays République populaire de Chine
Province Sichuan
préfecture autonome préfecture autonome tibétaine de Garzê
xian Sêrtrar
Ville Larung Gar
Coordonnées 32° 09′ 10″ nord, 100° 28′ 08″ est
Géolocalisation sur la carte : Sichuan
Géolocalisation sur la carte : Chine
L’Institut bouddhiste de Larung Gar.

L'institut bouddhique est un des plus grands au monde avec environ 10 000 moines en [2],[3]. Selon plusieurs ONG, 7 000 moines et nonnes ont été chassés de Larung Gar entre seulement 2016 et début 2020, mais les démolitions des bâtiments commencés en 2001.

Historique

L’Institut bouddhiste de Larung Gar (tibétain : བླ་རུང་ལྔ་རིག་ནང་བསྟན་སློབ་གླིང་།, Wylie : bla rung lnga rig nang bstan slob gling, pinyin tibétain : Larung Ngarig nangdän lobling, THL : la rung nga rik nang ten lob ling ou tibétain : གསེར་རྟ་བླ་རུང་ལྔ་རིག་ནང་བསྟན་སློབ་གླིང་, THL : ser ta la rung nga rik nang ten lob ling ; chinois : 喇荣五明佛学院 ; pinyin : Larong Wuming foxueyuan), est un institut fondé en 1980[4] par le lama nyingmapa Khenpo Jigme Phuntsok à Larung Gar, bourg-canton du xian de Sêrtar, dans la préfecture autonome tibétaine de Garzê, dans le Sichuan (République populaire de Chine)[1]. Il aurait été créé apparemment sans permission des autorités qui semblent avoir fermé les yeux sur ses activités, tant qu’elles n’étaient pas politiques. En 1995, environ 3000 moines et nonnes y séjournaient.[réf. nécessaire]

La popularité de l'institut s'accroît jusqu'à attirer 8 500 étudiants dont environ 1 000 originaires de la Chine continentale. En 1999, le « front uni du travail du Sichuan » fait pression sur lui au sujet de la question de son soutien au dalaï-lama et exige qu’il réduise le nombre des étudiants de l'institut.

En 2001, selon différentes sources journalistiques 5 000 à 8 000 personnes sont expulsées et 2 000 logements détruits[5],[6],[7]. Khenpo Jigme Phuntsok aurait été emmené par les autorités, emprisonné puis placé en résidence surveillée à Chengdu. Il y décède le à 70 ans, à la suite d'une maladie cardiaque pour laquelle il devait être opéré dans un hôpital militaire[8].

Le , selon l'organisation pro-tibétaine Free Tibet, de nouvelles violences entre manifestants tibétains et police font au moins deux morts dans la localité de Xian de Sêrtar. Les autorités annoncent que « des groupes séparatistes étrangers » ont pour objectif la déstabilisation du gouvernement. Selon des sources citées par la station américaine Radio Free Asia, « une sorte de loi martiale a été imposée ». Un bonze du monastère de Drakgo, contacté directement par l'Agence France-Presse, considère que 1000 à 2000 policiers ceinturent le monastère : « Nous soignons à l'intérieur du monastère 32 personnes blessées, dont deux dans un état critique. L'une a une balle dans le crâne. »[9].

L'institut fait l'objet d'un incendie, aux causes inconnues, en [10]. Environ 150 cellules sont détruites mais on ne recense aucune victime[11].

Le gouvernement, affirmant réaliser des travaux de rénovation, entreprend la démolition de plus de 600 structures résidentielles à partir du . Une nonne, Rinzin Dolma, se suicide par pendaison, laissant une note mettant en cause le harcèlement du gouvernement envers les Tibétains et donnant la vue de la destruction systématique de l'institut Larung Gar comme raison de son suicide. Le Département d'État américain exhorte le gouvernement chinois à « cesser toute action aggravant la tension » et appelle au respect de la liberté religieuse du peuple tibétain[4]. Deux autres nonnes bouddhistes vivant à Larung Gar se suicident en août pour les mêmes raisons, et la tentative de suicide d'une autre femme peut être empêchée par des amis à la dernière minute, selon des sources tibétaines[12].

Début , les autorités de Sertar expulsent plus de 2 000 nonnes étudiant à l'Académie bouddhiste de Larung Gar[13]. Selon Dolma Tsering Teykhang, après la destruction d’une partie de l’institut bouddhiste de Larung Gar, cinq cents nonnes ont été envoyées en rééducation patriotique, elles auraient été forcées de chanter des « hymnes de loyauté au communisme »[14].

Réfutant les allégations de démolition du site et d'expulsion de ses résidents, le gouvernement du comté de Sertar déclare, en , qu'il s'agit d'aménager le complexe bouddhiste afin de le mettre aux normes de sécurité et de santé publiques. Les cabanes en bois qui ont été démolies, l'ont été pour dégager des voies d'accès aux camions des pompiers ; les occupants ont été relogés dans une ville voisine. L'institut s'était construit et développé de façon anarchique et sans tenir compte des risques géologiques propres à cette région sujette aux tremblements de terre[11].

En , Tashi Wangmo, un chercheur tibétain du groupe de réflexion de l'administration centrale tibétaine, Tibet Policy Institute, écrit que des religieuses tibétaines expulsées de l'Institut bouddhiste de Larung Gar et de Yarchen Gar sont soumises à des violences psychologiques et sexuelles dans des centres de détention chinois[15].

Selon plusieurs ONG, 7 000 moines et nonnes ont été chassés de Larung Gar entre 2016 et début 2020. Pour la tibétologue Katia Buffetrille : « Les religieux qui sont à la tête de ces cités monastiques sont extrêmement charismatiques et ont un pouvoir spirituel sur de nombreux Tibétains et aussi Chinois. Ce qui est insupportable pour le parti communiste qui y voit une concurrence. Comme on le sait, il n’est pas admis qu’il y ait un autre pouvoir que le parti communiste » [16].

Notes et références

  1. (en) Amanda Williams, « "Little boxes on the hillside... home to 40,000 Buddhist monks: The stunning makeshift town that has sprung up around a Tibetan monastery" », sur The Daily Mail Online, .
  2. (en) Danny Collins, « SCHOOL'S AMA-ZEN Inside the world’s biggest student village where thousands of trainee Buddhist monks live in technicolour mountain homes », sur The Sun,
  3. (en) Daniel Peters, « Incredible images show the world's largest Buddhist settlement where thousands of tiny wooden huts line steep hillsides », sur Mail Online,
  4. Tibetan Nun Commits Suicide Due to Ongoing Demolition in Larung Gar, VOA, 10 août 2016.
  5. Stéphane Lagarde (journaliste), Chine : Les moines de Larung Gar de nouveau menacés d’expulsion.
  6. Nicolas Ancellin / Rédaction GEO, Le bouddhisme tibétain sous les bulldozers, Géo.fr, novembre 2016.
  7. Claire Lesegretain, Au Tibet, la destruction du plus grand centre de formation bouddhiste se poursuit, La Croix, 26 septembre 2016.
  8. Tibet Information Network (aujourd'hui disparu), repris sur le site Tibet-info, 20/08/2001.
  9. Tibet : nouvelle journée de violences, Pékin dénonce l'étranger, Agence France-Presse, 24 janvier 2012.
  10. Tibet: Incendie dans un institut du bouddhisme, Le Figaro, 10 janvier 2014.
  11. China says rebuilding major western Buddhist learning center, Associated Press, 14 mars 2017.
  12. (en) More Suicides Reported in Protest of Destruction at Sichuan's Larung Gar, RFA, 29 août 2016.
  13. (en) Tenzin Monlam, Over 2,000 nuns evicted from Larung Gar, Phayul.com, 4 octobre 2016.
  14. Juliette Gheerbrant Tibet: l'acculturation passe par la répression des activités religieuses RFI, 6 janvier 2018
  15. (en) Tenzin Dharpo, Expelled nuns subjected to psychological and sexual abuse in Chinese detention centers: Tibetan researcher, Phayul.com, 21 août 2019
  16. Au Tibet, la répression est tombée dans l’oubli RFI, 3 mai 2020

Annexes

Bibliographie

Liens internes

Liens externes


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