François Xavier Lanthenas

François Xavier Lanthenas, né au Puy-en-Velay le - mort à Paris le fut un homme politique élu député durant la Révolution française.

François Xavier Lanthenas
Fonctions
Député du Rhône

(3 ans, 1 mois et 17 jours)
Gouvernement Convention nationale
Député d'Ille-et-Vilaine

(1 an, 7 mois et 4 jours)
Gouvernement Conseil des Cinq-Cents
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Le Puy (Haute-Loire)
Date de décès
Lieu de décès Paris
Nationalité Française
Parti politique Girondins
Profession Médecin
députés du Rhône
députés d'Ille-et-Vilaine

Biographie

Médecin et législateur, est né au Puy (Haute-Loire), le 18 avril 1754, du « sieur Joseph Lanthenas, négociant, et à demoiselle Marie-Elisabeth Pons ». Son père, plus précisément marchand-cirier, lui avait fait épouser une jeune femme fort bien dotée. Lanthenas, officiellement mort à Paris le 2 janvier 1799 (mais acte de décès du 21/12/1798), était médecin à Paris, au moment de la Révolution.

Apprenti dans la maison de commerce de son père, il voyagea ensuite pour affaires en Hollande, Allemagne et Italie, où il rencontra vers 1777 Jean-Marie Roland de La Platière inspecteur de manufactures de la Généralité de Lyon qui devint ministre de l'Intérieur et surtout son épouse Manon pour laquelle il avait une ardente dévotion et également Merlino qui préparait alors un mémoire sur l'industrie de la soie dans la péninsule et fut comme lui un ardent défenseur de la cause des noirs[1].

Grâce à l'intervention de Roland, il obtint d'étudier la médecine à Paris et reçut son diplôme à Reims en 1784. Il exerça ensuite à Lyon, Villefranche, Le Puy, puis Paris en 1789. Puis Roland, lui obtint une place de premier commis à l'administration de l'instruction publique (au salaire de 8 000 francs)[2].

Il collabora au Patriote français et devint membre du club des jacobins. Il était alors surtout connu pour son anti-esclavagisme et l'hospitalité qu'il avait accordée à la Société des amis des Noirs qui se réunissait à son domicile. Il fut élu à la Convention nationale, le 9 septembre 1792, par les départements de Haute-Loire et de Rhône-et-Loire. Il opta pour le Rhône-et-Loire.

Il vota la mort du roi avec sursis, contre la mise en accusation de Marat mais défendit le journaliste Bonneville contre lui. Il était membre du Comité d'Instruction publique de la Convention, puis de la commission chargée d'examiner les crimes de Carrier. Il se prononça pour le maintien du suffrage universel et de la liberté de la presse.

Voici en quels termes il se prononça dans le procès du roi :

« Je me résume ; voici mon opinion : 1º prononcer que Louis a mérité la mort ; 2º suspendre ce décret et détenir Louis d'une manière sûre, à l'abri d'évasion ; 3º décréter que, si nos ennemis nous laissent en paix, Louis sera seulement exilé hors du territoire de la République, quand la Constitution sera parfaitement assise : 4º proclamer par toute l'Europe les présents décrets, et les faire connaître aux peuples, que l'on égare par l'hypocrisie la plus révoltante ; 5º proclamer avec appareil ce sursis et ses motifs dans toute la République ; 6º le jour qui suivra la décision de la Convention, abolir la peine de mort par un appel nominal, en exceptant Louis, si ses parents, ses prétendus amis envahissent notre territoire. »

Intimement lié aux Girondins, après la disgrâce de Roland, Lanthenas, comme leur ami commun le naturaliste Bosc devint suspect à la Montagne et son nom fut inscrit parmi les proscrits du 31 mai, mais il fut sauvé, grâce à Marat qui plaida en sa faveur les circonstances atténuantes en ces termes : « Tout le monde sait, dit-il, que le docteur Lanternas (sic) est un pauvre d'esprit. »

Cette boutade de Marat sauva Lanthenas. Il devint secrétaire de la Convention, et le 24 vendémiaire an IV, il fut élu, par l'Ille-et-Vilaine, député au Conseil des Cinq-Cents, y siégea jusqu'en l'an VI et tenta sans succès de reprendre l'exercice de la médecine. Retiré à Dangu, près de Gisors, il obtint du Directoire une très obscure nomination comme sous-commissaire près l'administration municipale du 2e arrondissement de Paris le 26 août 1797 et finit dans la misère alors qu'il avait hérité un domaine de sa mère et 25 000 livres de son père[3]. En vendémiaire de l'an IV Lanthenas et Lanjuinais appuient la demande de Charles Malenfant d'être nommé consul à New York.

Œuvres

Traducteur de Thomas Paine : Le Sens Commun, Théorie et Pratique des Droits de l'Homme, Le Siècle de la Raison etc on a de lui de nombreuses publications, dont certaines ont été imprimées par ordre de la Convention :

  • Bases fondamentales de l'instruction publique et de toute constitution libre..., Paris, 1793, in-8deg., 190 p., Bibl. Nat. microfiche m. 5769.-
  • Des élections et du mode d'élire par listes épuratoires, Paris, 1792, in-8deg., 80 p., Bibl. Nat. 8deg.Lb41 144.-
  • Convention nationale L'éducation, cause éloignée et souvent même cause prochaine de toutes les maladies, proposition soutenue, le 13 septembre 1784, dans les écoles de médecine de Reims, Paris, 1793, in-8deg., 93 p., Bibl. Nat. 8deg.Le38 475.-
  • Division organique des citoyens en dizaines, centaines et mille, avec les moyens de faire les meilleures élections possibles, Paris, an III, in-8deg., 56 p., Bibl. Nat. 8deg.Le381620 bis.-
  • Droit de cité, exercice de la souveraineté du peuple français et garantie de la liberté publique contre les abus de l'égalité en droit, Paris, an IIIn in-8deg., 20 p., Bibl. Nat. 8deg.Le381620.-
  • Inconvénients du droit d'aînesse, ouvrage dans lequel on démontre que toute distinction entre les enfants d'une même famille entraine une foule de maux... et décision de MM. les docteurs de la maison et société royale de Navarre sur la primogéniture, Paris, s.d., in-8deg., XIV-224 p., Bibl. Nat. R.40734.-
  • De la liberté indéfinie de la presse, et de l'importance de ne soumettre la communication de ses pensées qu'à l'opinion publique..., Paris, 1791, in-8deg., 37 p., Bibl. Nat. 8deg.Lb39 9992.-
  • Mesures de salut public, contre les obstacles intérieurs à l'établissement de la République, Paris, an III, in-8deg., Bibl. Nat. 8deg.Lb41 4081 (ndeg.s 1 et 4).-
  • M. Lamiral réfuté par lui-même, ou Réponse aux opinions de cet auteur sur l'abolition de la traite des Noirs, par un ami des blancs et des noirs, Paris, 1790, in-8deg., 80 p., Bibl. Nat. 8deg.Lk9 102.-
  • Des sociétés populaires considérées comme une branche essentielle de l'instruction publique, Paris, 1792, in-8deg., 18 p., Bibl. Nat., microfiche m.5779.-
  • Convention nationale. Motif des opinions de F. Lanthenas sur le jugement de Louis XVI, (16 janvier 1793), Paris, s.d., in-8deg., 7 p., Bibl. Nat. 8deg.Le38 150.-
  • Convention nationale. Motifs de faire du 10 août un jubilé fraternel, en consacrant une déclaration des devoirs de l'homme (août 1793), Paris, 1793, in-8deg.,77 p., Bibl. Nat. 8deg.Le38404.-
  • Convention nationale. Gouvernement révolutionnaire. Projet présenté (le 16 thermidor an II), Paris, s.d., in-8deg., 12 p., Bibl. Nat. 8deg.Le38 879.-
  • Convention nationale. Projet pour retirer une grande masse d'assignats, Paris, 14 pluviose an III, in-8deg., 43 p., Bibl. Nat. 8deg.Le38 1197.-
  • Convention nationale. Moyens de consolider la révolution du 9 thermidor... proposés dans la séance du 12 germinal an III, in-8deg., 7 p., Bibl. Nat. 8deg.Le38 1324.-
  • Nombreux autres ouvrages : voir le détail dans le Catalogue général des Livres imprimés de la Bibliothèque nationale.

Notes et références

  1. Dorigny (M), Gainot (B), La société des amis des noirs, 1788-1799. Contribution à l'histoire de l'abolition de l'esclavage, Collection Mémoire des peuples, Paris, 1998.
  2. AN Cote : F1bI 2
  3. Seul l'ancien conventionnel, Merlino, lui vint alors en aide, comme le révèle un échange épistolaire ; fonds privé évoqué in Sine Dolo n°7, décembre 2006, Jean-Marie-François Merlino et les débuts de la Convention, pp. 111-178. Tous les deux ans, l’association fait paraître un fort volume de mémoires consultables à la BNF, aux Archives de l’Ain, du Rhône, à la Bibliothèque Municipale de Lyon, aux Archives municipales de Lyon, à la Société généalogique du Lyonnais et aux Musées Gadagne à Lyon. Pour plus de détails, consultez le site ci-après site sine dolo

Voir aussi

Bibliographie

Liens externes

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