Benjamin Guggenheim

Benjamin Guggenheim, né le à Philadelphie (États-Unis) et mort le dans l'Océan Atlantique, est un homme d'affaires américain. Magnat du cuivre, il passe beaucoup de temps à l'étranger. En , à la suite d'un voyage à Paris, il embarque sur le paquebot Titanic à Cherbourg avec sa maîtresse, la chanteuse de cabaret Léontine Aubart.

Lorsque le navire heurte un iceberg et fait naufrage, Guggenheim s'assure que sa compagne est en sécurité dans un canot, puis choisit de mourir en gentleman avec son valet, Victor Giglio. Ce geste héroïque lui vaut une apparition dans plusieurs films consacrés au naufrage.

Biographie

Jeunesse et carrière

Meyer Guggenheim, père de Benjamin, est un célèbre industriel de son époque.

Benjamin Guggenheim est né à Philadelphie, le . Il est le cinquième des huit fils de Meyer Guggenheim (1828 - 1905), le richissime magnat de l'industrie minière[1]. Il grandit dans une atmosphère fortement liée à l'industrie minière.

En 1894, il épouse Floretta Seligman, fille d'un célèbre banquier new-yorkais avec laquelle il a trois filles : Benita, Peggy, et Hazel[2]. Sa vie privée apparaît également dans la presse en 1908 : les journaux annoncent en effet son changement de religion, ce qu'il nie aux journalistes du New York Times après un retour d'Europe à bord du Mauretania[3].

À vingt ans, son père commence à l'intégrer à son entreprise. Guggenheim se retrouve ainsi à la tête de plusieurs industries et gère de fortes sommes d'argent. À partir de 1909, il devient président de l'International Steam Pump Company[4].

Benjamin Guggenheim a cependant des problèmes avec son épouse et gagne une réputation de coureur de jupons[5]. Il possède notamment un appartement à Paris où il passe une partie du début de l'année 1912. C'est à cette occasion qu'il fait la connaissance de la chanteuse de cabaret Léontine « Ninette » Aubart[6]. Devant rentrer aux États-Unis, Guggenheim lui propose de voyager avec lui à bord du paquebot transatlantique britannique Titanic dont le voyage inaugural doit débuter le 10 avril suivant.

Le Titanic

Guggenheim est mort dans le naufrage du Titanic avec son valet et son chauffeur.

Guggenheim et sa maîtresse embarquent à bord du Titanic dans le port de Cherbourg, le dans la soirée, en utilisant le transbordeur Nomadic[7]. Sa fortune, alors évaluée à plus de deux millions de livres d'époque, fait de lui l'un des passagers les plus riches du paquebot[8]. Outre sa maîtresse, il est accompagné de son valet, Victor Giglio[9], de son chauffeur René Pernot[10] et de la femme de chambre d'Aubart, Emma Sägesser[11]. À l'exception de Pernot qui voyage en deuxième, tous voyagent en première classe.

Le 14 avril à 23 h 40, le paquebot heurte un iceberg et commence à sombrer. Les femmes sont de fait entraînées vers les canots de sauvetage. Aubart et Sägesser ressentent la secousse, mais retournent se coucher. Elles décident finalement d'aller réveiller Giglio, qui ne croit pas au danger : « Rien à faire, des icebergs. Qu'est-ce que c'est, un iceberg[11] ! ». Toutes deux réussissent cependant à persuader le valet et son maître de monter sur le pont. Le steward Henry Samuel Etches parvient à passer un gilet de sauvetage à Guggenheim qui proteste cependant, déclarant que « cela va faire mal », et le convainc de porter des vêtements chauds[12].

Léontine Aubart et sa femme de chambre embarquent finalement dans le canot no 9, affrété vers une heure et demie[11]. Ceci fait, Guggenheim demande au steward Etches de transmettre un message à son épouse, restée en Amérique, déclarant : « Si quoi que ce soit devait m'arriver, dites à ma femme à New York que j'ai fait de mon mieux pour remplir mon devoir. » Etches rajoute dans son témoignage que la dernière fois qu'il a vu le milliardaire, celui-ci courait d'un canot à l'autre, aidant femmes et enfants à embarquer[13].

Par la suite, Giglio retourne dans sa cabine revêtir ses plus beaux vêtements[9], et le milliardaire fait de même. Des témoins ont rapporté l'avoir entendu déclarer : « Nous nous sommes habillés de notre mieux et nous sommes prêts à mourir comme des gentlemen[14]. » Pernot, Giglio et Guggenheim sont tous trois morts dans le naufrage. Leurs corps n'ont pas été retrouvés, ou du moins identifiés[15].

Au cinéma

  • Dans le film de James Cameron, les auteurs font tenir à Guggenheim à peu près les mêmes propos (en revanche, il est représenté assez âgé, alors qu'il n'avait que 46 ans).

Alors que le paquebot est sur le point de couler, il fait le commentaire suivant : « Nous nous sommes habillés de notre mieux, et nous sommes prêts à couler comme des gentilshommes ». Et, plus tard, s'adressant à un steward : « Dites à mon épouse que j'ai fait de mon mieux pour faire mon devoir ».

Habillés en tenue de soirée, à environ deux heures du matin du , Guggenheim et son valet de chambre s'installent dans des fauteuils sur le pont, et se mettent à siroter du cognac et à fumer des cigares alors que le Titanic sombre.

Une scène du film, coupée au montage, montre John Jacob Astor IV venant vers lui et lui serrant la main, les deux agissant comme s'ils n'avaient plus aucun espoir de survie.

Notes et références

  1. (en) Guggenheim, Meyer, National Mining Hall of Fame and Museum. Consulté le 2 janvier 2010
  2. (en) Guggenheim - Selligman, New Yok Times sur Encyclopedia Titanica. Consulté le 2 janvier 2010
  3. (en) Guggenheim change of faith, New York Times sur Encyclopedia Titanica. Consulté le 2 janvier 2010
  4. (en) Benjamin Guggenheim, New York Times sur Encyclopedia Titanica. Consulté le 2 janvier 2010
  5. (fr) Benjamin Guggenheim : mourir avec panache, Legag.com. Consulté le 2 janvier 2010
  6. (en) Guggenheim, Mr Benjamin, Titanic-Titanic.com. Consulté le 2 janvier 2010
  7. Gérard Piouffre 2009, p. 104
  8. Mark Chirnside 2004, p. 144
  9. (en) Mr Victor Giglio, Encyclopedia Titanica. Consulté le 2 janvier 2010
  10. (en) Mr René Pernot, Encyclopedia Titanica. Consulté le 2 janvier 2010
  11. (en) Mlle Emma Sägesser, Encyclopedia Titanica. Consulté le 2 janvier 2010
  12. Mark Chirnside 2004, p. 164
  13. (en) Guggenheim, dying, sent wife a message, new York Times sur Encyclopedia Titanica. Consulté le 2 janvier 2010
  14. Gérard Piouffre 2009, p. 163
  15. (en) Mr Benjamin Guggenheim, Encyclopedia Titanica. Consulté le 2 janvier 2010

Annexes

Bibliographie

  • (en) Mark Chirnside, The Olympic-class ships : « Olympic », « Titanic », « Britannic », Tempus, , 349 p. (ISBN 0-7524-2868-3)
  • Gérard Piouffre, Le « Titanic » ne répond plus, Paris, Larousse, , 317 p. (ISBN 978-2-03-584196-4)

Articles connexes

Liens externes

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