Antoine Fouquelin

Antoine Fouquelin (ou "Foclin"), né (date inconnue) à Chauny-en-Vermandois (Picardie) et mort à Paris en 1561, fut le précepteur de la jeune princesse Marie Stuart.

Biographie

Il n'existe pas beaucoup d'ouvrages mentionnant la vie ou l'œuvre d'Antoine Fouquelin. La Bibliothèque de Berne possède des lettres de lui et les Archives d’Orléans quelques documents le concernant.

Son nom a souvent été déformé par ses imprimeurs ; André Wechel qui édite sa Rhétorique française à Paris en 1555, le nomme en effet Foclin, puis, en 1557 l'orthographie Fouqueldin lors de l'édition des Satires de Perse dont il a donné un commentaire en latin, imprimé a Paris. Radier le nomme par ailleurs Foulquier, puis Brantôme écrit lui Fouclin. Un bulletin de 1960, concernant la ville universitaire d'Orléans l'enregistre sous le patronyme d'Antoine Poquelin.

Il fit un commentaire des œuvres de Perse, en latin, dédié à Pierre de La Ramée, dit « Ramus », autre grand rhétoriqueur de la Renaissance, dont il avait suivi l'enseignement et celui de "son frère" Omer Talon (1510-1562), pendant près de neuf ans, dans les disciplines de la logique et de la rhétorique.

Fouquelin donnait des cours sur la philosophie d’Aristote et lisait publiquement les Satires de Perse, alors professeur au collège de Presles à Paris.

Une lettre de Fouquelin adressée à Charles IX dans laquelle il parle de Jacques Amyot et de Guillaume Chrestien, nous renseigne sur le fait qu'il vint enseigner le droit à Orléans.

Il épouse une fille de Guillaume Chrestien, médecin du Duc de Bouillon, puis du Roi François 1er, et enfin d’Henri II. Florent Chrestien, son beau-frère participe en partie à la rédaction de la Satire Ménippée.

La Rhétorique Française

But de l'ouvrage

Orateur, il publia La Rhétorique française (1555), son seul ouvrage connu, dont Marie Stuart fut l'instigatrice[1] ; en effet celle-ci lui aurait demandé d'écrire (selon Brantôme) :

« une rhétorique en français, que nous avons encore en lumière, afin qu’elle entendit mieux et se fit plus éloquente en français comme elle a été et mieux que si dans la France même, elle avait pris naissance »

C'est en effet ainsi que début son ouvrage :

« La Rhétorique française d’Antoine Fouquelin de Chauny en Vernandois - A très illustre Princesse Madame Marie Reine d’Écosse. »

Nul doute que cet ouvrage fut « commandé » par la jeune princesse, dans un but d'enseignement des femmes également comme l'atteste la préface :

« ... vous souteniez par une oraison bien latine, et défendiez contre la commune opinion qu’il était bienséant aux femmes de savoir les lettres et arts libéraux... »

Il y eut deux éditions à la Rhétorique française : l’une en 1555, l’autre en 1557, toutes deux ont été imprimées à Paris chez André Wichel. Ce fut le premier traité publié en français depuis le Champ fleury de G. Tory (1529).

Antoine Fouquelin ne cesse dans l'ouvrage de reproduire des citations puisées dans les recueils de vers des poètes français de l’époque, témoignage de sa culture et de sa passion de lire. L'objet de sa Rhétorique française est d'étudier principalement les Tropes, conditions d'une argumentation soignée. Il analyse peu, en soi, l'art oratoire, se contentant en préambule de définir : « Rhétorique, est un art de bien et élégamment parler. », puis d'examiner les « parties de la rhétorique » : « Rhetorique à deux parties Elocution et Pronuntiation ».

Humaniste, très lié à Pierre Ronsard et à Du Bellay, Fouquelin considère que le français doit emprunter « les vestements (...) et les plumes d'autruy » pour se constituer comme langue forte et nationale.

Les Tropes et les Figures : objets de sa Rhétorique

Fouquelin distingue ainsi l'élocution composée des tropes et des figures (de style dirait-on aujourd'hui)[2] :

« Élocution n’est autre chose, que l’ornement et enrichissement de la parole et oraison: laquelle a deux espèces, l’une est appelée Trope, l’autre Figure »

« Trope, est une élocution, par laquelle la propre et naturelle signification du mot est changée en une autre: ce que declare ce mot (Trope) qui signifie en françois, mutation »

Parmi ces tropes, l'auteur distingue ensuite quatre types :

« Il y a quatre sortes de Trope: Metonomie, Ironie, Metaphore, Synecdoche »

Il examine ensuite à chaque chapitre un trope rhétorique :

  • Métonymie. Première manière de Métonymie. Seconde manière. Troisième manière. Quatrième manière.
  • Ironie
  • Métaphore. Catachrèse. Allégorie. Énigme. Hyperbole. Chois de Métaphore.
  • Synecdoque

Les autres chapitres sont ensuite consacrés à l'étude des figures :

  • Figure. Division de Figure
  • Epizeuxe
  • Anaphore
  • Epistrophe
  • Epanalespse
  • Epanode
  • Anadiplose
  • Gradation
  • Polyptote
  • Optation. Déprécation. Addubitation. Communication
  • Permission. Concession
  • Prosopopeie. Prosopopeie continue. Dialogisme. Prosopopeie oblique. Vice de Prosopopeie
  • Breve Digression
  • Apostrophe
  • Reticence
  • Correction
  • Exclamation. Execration. Epiphoneme
  • Sustentation
  • Licence
  • Pronontiation. Parties de Pronontiation

Postérité de l'œuvre

Antoine Fouquelin est considéré comme l'un des rhétoriqueurs majeurs de la Renaissance, à l'origine de l'une des premières tentatives de compréhension et de classification des tropes et des figure de style. En somme il est l'un des premiers artisans du français comme langue nationale.

Œuvres

  • Antoine Fouquelin, La Rhétorique française, Paris, Gallica,

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

Bibliographie

  • Traités de poétique et de rhétorique de la Renaissance [Texte imprimé] / Sébillet, Aneau, Peletier, Fouquelin, Ronsard ; introduction, notices et notes de Francis Goyet, Paris : Librairie générale française, Le Livre de Poche, (ISBN 2-253-05220-5)
  • Portail de la linguistique
Cet article est issu de Wikipedia. Le texte est sous licence Creative Commons - Attribution - Partage dans les Mêmes. Des conditions supplémentaires peuvent s'appliquer aux fichiers multimédias.