Aileen Wuornos

Aileen Wuornos, née Aileen Carol Pittman le 29 février 1956 à Rochester dans le Michigan, et morte le à Starke en Floride, est une tueuse en série américaine, surnommée « La Demoiselle de la Mort ».

Aileen Wuornos
Tueuse en série
Information
Nom de naissance Aileen Carol Pittman
Naissance
Rochester, Michigan, États-unis
Décès
Starke, Floride, États-unis
Cause du décès Injection létale
Surnom La Demoiselle de la Mort
Condamnation
Sentence Peine de mort
Actions criminelles Meurtres
Victimes 7
Période 1989-1990
Pays États Unis
Arrestation

Elle est condamnée à la peine de mort par injection létale pour l'assassinat d'au moins sept hommes en Floride entre et .Ces derniers l’auraient violée alors qu'elle exerçait son activité de prostituée. Elle est reconnue coupable et condamnée à mort pour six des meurtres, un des corps n'ayant jamais été retrouvé, et est exécutée par injection létale le à la prison d'État de Floride, à Starke dans le comté de Bradford.

Biographie

Enfance

Aileen Carol Wuornos est née sous le nom de Susanne Carol Pittman à Rochester dans le Michigan. Elle a un frère aîné prénommé Keith, né en . Sa mère, Diane Pratt, a 15 ans lorsqu'elle épouse Leo Dale Pittman le . Moins de deux ans après cette union et deux mois avant la naissance de Wuornos, Pratt divorce. Pittman est un pédophile qui a passé la majeure partie de sa vie à aller en prison et à en sortir. Wuornos n'a jamais rencontré son père car, quand elle est née, il était en prison pour viol et tentative de meurtre sur un petit garçon de huit ans. Leo Pittman se suicide dans sa cellule par pendaison à l'aide de ses draps, en 1969. En , Pratt abandonne ses enfants, les laissant avec leurs grands-parents maternels d'origine finlandaise[1], Lauri et Britta Wuornos à Troy (Michigan). Keith et Aileen sont adoptés légalement le par la famille Wuornos et prennent leur patronyme.

Dès son plus jeune âge, Aileen Wuornos a des relations sexuelles avec de multiples partenaires dont son propre frère. À l'âge de quatorze ans, elle tombe enceinte, déclarant que la grossesse est la conséquence d'un viol par un inconnu. Elle donne naissance, le , à un garçon à la Maison des Mères Célibataires de Détroit. L'enfant est immédiatement placé afin d'être adopté. Le , Britta Wuornos décède d'une cirrhose du foie après que Aileen et son frère sont mis sous tutelle. Lorsqu'elle atteint ses quinze ans, son grand-père la chasse de la maison et Aileen Wuornos commence à subvenir à ses besoins comme prostituée.

Premiers délits

Le , elle est interpelée dans le comté de Jefferson dans le Colorado, pour conduite en état d'ivresse, comportement contraire aux bonnes mœurs et tir au pistolet de calibre 22 à partir d'un véhicule en mouvement. Elle est condamnée par défaut puisqu'elle ne se présente pas au tribunal.

En 1976, elle fait de l'auto-stop jusqu'en Floride, où elle rencontre Lewis Gratz Fell (), âgé alors de 69 ans et président d'un yacht-club. Ils se marient la même année, l'annonce de leur union est même publiée dans les pages du journal local. Cependant, Aileen Wuornos continue à être régulièrement impliquée dans des altercations au bar local et est finalement envoyée en prison pour violence. Elle frappe également Fell avec sa propre canne, ce qui le conduit à demander une injonction à son encontre, à la suite de laquelle elle retourne dans le Michigan.

Le , elle est arrêtée dans le Comté d'Antrim (Michigan) pour voie de fait et trouble à l'ordre public après avoir provoqué un esclandre dans un bar, et après qu'elle a lancé une boule de billard à la tête d'un barman. Trois jours plus tard, le , son frère Keith meurt d'un cancer de la gorge. Wuornos bénéficie des 10 000 $ de son assurance-vie qu'elle dilapide en quelques semaines[réf. nécessaire]. Wuornos et Fell divorcent le après neuf semaines de mariage.

Le , elle est arrêtée à Edgewater en Floride pour l'attaque à main armée d'un commerce de proximité. Elle est condamnée à une peine de prison ferme le et est libérée le .

Le , Aileen Carol Wuornos est de nouveau arrêtée après avoir tenté de déposer des chèques contrefaits dans une banque de Key West. Le , elle est suspectée du vol d'un revolver et de munitions dans le comté de Pasco.

Le , elle est arrêtée à Miami pour vol de véhicule, résistance à l'arrestation et obstruction à l'enquête par production de fausses informations (elle avait déclaré se nommer Lori Grody qui était en fait le nom de sa tante). La police de Miami découvre un revolver de calibre .38 ainsi qu'une boîte de munitions dans la voiture volée.

Le , des shérifs adjoints du comté de Volusia retiennent et interrogent Aileen Carol Wuornos après qu'un compagnon masculin l'a accusée d'avoir sorti une arme à feu dans sa voiture et de lui avoir réclamé 200 $. Un pistolet de calibre .22 et une boîte de munitions sont retrouvés sous le siège passager que Wuornos occupait.

Durant la même période, Aileen Carol Wuornos rencontre Tyria Moore, une femme de ménage dans un hôtel, dans un bar gay de Daytona. Elles s'installent ensemble, Aileen assurant le quotidien par ses revenus provenant de la prostitution. Le , la police de Daytona retient les deux femmes pour un interrogatoire à la suite d'un nouvel incident dans un bar où elles sont accusées de coups et blessures avec une bouteille de bière.

Le , elle accuse un conducteur de bus de Daytona d'agression. Elle déclare qu'il l'a poussée hors du bus après une altercation. Tyria Moore est enregistrée comme témoin de l'incident.

Meurtres

  1. Richard Mallory, 51 ans – le  : la première victime d'Aileen Carol Wuornos était propriétaire d'un magasin de composants électroniques à Clearwater, un homme déjà reconnu coupable de viol qu'elle déclara avoir tué en état de légitime défense. Un shérif-adjoint du Comté de Volusia découvrit le véhicule abandonné de Mallory le . Son cadavre ne fut retrouvé que le dans un secteur boisé à plusieurs miles de distance. Le corps comportait plusieurs impacts, dont deux au poumon gauche ont été considérés comme à l'origine de la mort.
  2. Charles « Dick » Humphreys, 56 ans — le  : Humphreys était un commandant en retraite de l'U.S. Air Force, un ancien enquêteur de mauvais traitements aux enfants pour le compte de l'État de Floride et un ancien chef de la police. Son corps fut retrouvé le dans le comté de Marion. Il était entièrement dévêtu et avait reçu six balles au niveau de la tête et du torse. Sa voiture fut retrouvée dans le comté de Suwannee.
  3. David Spears, 43 ans : Spears était un ouvrier du bâtiment de Winter Garden dont le corps fut retrouvé dénudé le en bordure de l'autoroute 19 dans le comté de Citrus. Il avait reçu six balles.
  4. Charles Carskaddon, 40 ans — le  : Carskaddon était un ouvrier de rodéo à temps partiel. Son corps fut découvert le dans le comté de Pasco. Il avait reçu neuf balles d'une arme de petit calibre.
  5. Peter Siems, 65 ans : Siems quittait la ville de Jupiter, voyageant vers le New Jersey en . Sa voiture a été retrouvée le à Orange Springs. Tyria Moore et Aileen Wuornos ont été identifiées comme les personnes qui ont quitté le véhicule là où il a été trouvé. Une empreinte digitale de Wuornos a été mise en évidence sur la poignée de porte intérieure. Le corps de Peter Siems ne fut jamais retrouvé.
  6. Troy Burress, 50 ans – le  : Burress était un vendeur de saucisses d'Ocala. Il a été porté disparu le mais son cadavre n'a été retrouvé que le dans un secteur boisé en bordure de la route d'État 19 dans le comté de Marion. Il portait deux impacts de balles.
  7. Walter Jeno Antonio, 62 ans — le  : le corps en partie dénudé d'Antonio a été retrouvé le même jour près d'une route d'exploitation forestière dans le comté de Dixie. Il avait été tué de quatre balles. Sa voiture fut retrouvée, cinq jours plus tard, dans le comté de Brevard.

Affaire judiciaire

Interpellation et procès

Aileen Wuornos et Tyria Moore abandonnent la voiture de Peter Siems, après avoir été impliquées dans un accident de la circulation, le  ; c'est à cette occasion que la police scientifique retrouve une empreinte digitale de Wuornos au niveau d'une des poignées de porte. Les témoins de l'accident, qui ont vu les passagères fuir du véhicule, se font connaître auprès de la police et fournissent des descriptions des fugitives, ce qui aboutit à une campagne médiatique afin de les localiser. La police retrouve également des objets personnels des victimes dans des monts de piété, couverts d'empreintes digitales correspondant à celles retrouvées dans les voitures des victimes ainsi que dans le rapport de police établi lors de la seconde interpellation de Wuornos de 1976.

Le , Aileen Carol Wuornos est arrêtée la première, lors d'une interpellation spectaculaire, dans un bar de motards, « The Last Resort » dans le comté de Volusia. La police localise Moore, le lendemain à Scranton en Pennsylvanie. Celle-ci accepte d'obtenir les aveux de Wuornos en échange d'une procédure d'immunité judiciaire complète sur le ou les crimes dans lesquels elle serait impliquée. La police ramène Moore en Floride, où elle est logée dans un motel. Suivant les instructions de la police, Moore téléphone à Wuornos à plusieurs reprises, lui demandant notamment son aide et qu'elle la disculpe. Trois jours plus tard, le , Wuornos avoue les meurtres. Elle prétend que les hommes ont tenté de la violer et qu'elle a agi par légitime défense.

Le débute le procès concernant le meurtre de Richard Mallory. Bien que des faits antérieurs ne puissent normalement pas être évoqués lors d'un procès criminel, utilisant en ceci la jurisprudence Williams de l'État de Floride, l'accusation peut néanmoins produire des preuves liées aux autres crimes afin de démontrer que le même modus operandi a été suivi pour tous ces meurtres. Wuornos est reconnue coupable du meurtre de Richard Mallory, le grâce au témoignage à charge de Moore. Lors de la sentence, les psychiatres, présentés par la défense, déclarent que Wuornos est instable mentalement et qu'ils ont diagnostiqué des troubles de la personnalité avec des désordres mentaux assimilés à la schizophrénie. Aileen Wuornos est une première fois condamnée à la peine capitale le .

Le , Wuornos plaide coupable pour les meurtres de Charles Humphreys, Troy Burress et David Spears, déclarant qu'elle souhaite « être droite vis-à-vis de Dieu ». Lors de sa déposition devant la Cour, elle déclare, « Je voulais vous rappeler que Richard Mallory m'a vraiment violée comme je l'avais précédemment déclaré. Mais les autres ne l'ont pas fait. Ils ont seulement commencé à le faire ». Le , Aileen Wuornos est de nouveau condamnée trois fois à la peine capitale.

En , Wuornos plaide à nouveau coupable pour le meurtre de Charles Carskaddon et est condamnée à la peine de mort pour la cinquième fois au mois de . La défense tente durant le procès de prouver que Mallory a essayé de commettre un viol dans un autre État, et qu'il avait été remis en liberté conditionnelle avec une grande mansuétude par l'institution de remise de peine de l'état du Maryland alors que celle-ci aurait dû veiller à la prévention de nouvelles agressions sexuelles par ce dernier. La défense obtient et présente les rapports de cette institution démontrant que, de 1958 à 1962, Mallory était soumis à un traitement chimiothérapeuthique et mis sous observation à la suite de présomptions d'agressions dans l'intention de violer, et qu'au total il a suivi huit années de traitement en contrepartie de sa liberté conditionnelle. Le juge refuse que ces éléments soient retenus par la Cour comme des preuves et rejette la requête de Wuornos qui demandait un second procès.

En , Wuornos plaide coupable pour le meurtre de Walter Jeno Antonio et est condamnée, une sixième fois, à la peine capitale. Aucune charge n'est retenue contre elle pour le meurtre de Peter Siems puisqu'on ne retrouva jamais le corps de la victime.

Wuornos raconta plusieurs versions incohérentes à propos des meurtres. Elle affirma initialement que les sept hommes l'avaient violée alors qu'elle effectuait son activité de prostituée, puis elle se rétracta sur ses déclarations de légitime défense. Durant un entretien accordé au documentariste Nick Broomfield, alors qu'elle pensait que les caméras et micros étaient débranchés, elle déclara à ce dernier qu'il s'agissait bien de légitime défense et qu'elle ne devrait pas être présente dans le couloir de la mort, où elle séjournait depuis deux ans à ce moment, et qu'elle souhaitait mourir.

Exécution

L'appel de Wuornos auprès de la Cour Suprême des États-Unis est rejeté en 1996. En 2001, elle annonce qu'elle ne ferait plus appel de sa condamnation à la peine capitale. Elle fait une requête auprès de la Cour Suprême de Floride pour se séparer de son conseil juridique et pour arrêter tous les appels, déclarant, « J'ai tué ces hommes, je les ai violés alors qu'ils étaient froids comme la glace. Et je le referais de nouveau. Il n'y a aucune raison de me garder en vie ou quoi que ce soit, car je tuerai encore. J'ai de la haine qui suinte de tous mes pores… j'en ai assez d'entendre cette chose, « elle est folle ». J'ai été examinée tellement de fois. Je suis compétente, saine et j'essaie de dire la vérité. Je suis celle qui déteste le plus fortement la vie humaine et je tuerais de nouveau. ».

Le Gouverneur de Floride, Jeb Bush, mandate alors trois psychiatres afin d'avoir un entretien de 15 minutes avec Wuornos. Les questions auxquelles doivent répondre ces experts permettent de conclure que la condamnée comprend qu'elle va mourir et pour quels crimes elle va être exécutée. Tous trois la jugent apte mentalement à être exécutée.

Lors de la dernière interview accordée au journaliste Nick Broomfield le , Wuornos accuse les gardiennes de la prison d'avoir abusé d'elle. Elle les accuse de souiller sa nourriture, en crachant dedans, en lui servant des pommes de terres cuites dans de la saleté ou de la nourriture mélangée avec de l'urine. Elle se plaint également d'avoir surpris des conversations « tendant à la pousser à bout pour qu'elle se suicide avant son exécution » et « souhaitant me violer avant l'exécution », de fouilles en étant dénudée, de se faire passer, à chaque fois qu'elle doit quitter sa cellule, les menottes si fermement que ses poignets en sont meurtris, de coups de pied lancés contre la porte de sa cellule, de fréquents contrôles des fenêtres par les gardiennes, de pression basse de l'eau, de moisissures sur son matelas et de « miaulement de chat… avec le dégout et une pure haine à mon encontre. » Wuornos menace de faire la grève des douches ou des plateaux-repas quand certains fonctionnaires sont de service. « En attendant, mon estomac gargouille et je prends des douches au lavabo de ma cellule. »

Son avocat déclare que « Madame Wuornos souhaite seulement avoir un traitement approprié, un traitement humain jusqu'au jour de son exécution, » et « si ses allégations ne correspondent pas à la réalité, celle-ci est vraisemblablement sujette à des hallucinations qui font qu'elle croit vraiment en ce qu'elle a écrit. »

Durant la dernière période de son appel, elle accorde une série d'entretiens à Nick Broomfield. Dans le dernier d'entre eux, peu de temps avant son exécution, elle prétend que son esprit est contrôlé par la « pression sonique » afin de la faire paraître folle ; elle décrit sa mort imminente comme un voyage avec des anges à bord d'un vaisseau spatial. Lorsque Broomfield essaye de la faire revenir sur ses déclarations précédentes relatives aux meurtres de ses victimes à la suite de réactions de légitime défense, Wuornos devient livide, le maudit et met fin à l'entretien. Elle commence ses invectives à Broomfield en disant : « Vous m'avez cassée, toi, la société, les flics et le système. Une femme violée va être exécutée et servir à écrire des livres, à faire des films et de la merde. » Ses derniers mots adressés à la caméra sont « Merci beaucoup, la société, pour expédier mon cul par voie ferrée. » Broomfield rencontre plus tard Dawn Botkins, une amie d'enfance de Wuornos, qui lui dit : « Elle est désolée, Nick. Ce n'est pas à toi qu'elle a fait un doigt d'honneur. Elle a fait un doigt d'honneur aux média et également aux avocats. Elle savait que si elle en disait plus, cela pourrait faire une différence pour son exécution imminente, aussi elle a décidé de ne pas le faire. »

Aileen Wuornos est exécutée par injection létale le à la prison d'État de Floride (condamnée initialement à la chaise électrique, Aileen Wuornos opte pour l'injection létale devenu deuxième mode d'exécution légale en Floride en 2000). Elle est la 10e femme à avoir été exécutée aux États-Unis, depuis que la Cour Suprême a rétabli la peine capitale pour les femmes en 1976, et la 2e exécutée en Floride. Elle refuse son dernier repas et prend, à la place, une tasse de café. Sa dernière déclaration avant son exécution est « Oui, je voudrais juste dire que je navigue avec la roche, et je reviendrai, comme la Fête de l'Indépendance avec Jésus. Le 6 juin, comme dans le film. Grand vaisseau-mère et tout, je reviendrai, je reviendrai. »

Après l'exécution

Après son exécution, Aileen Wuornos est incinérée. Ses cendres sont rapportées par Dawn Botkins dans son Michigan natal et elle les disperse sous un arbre. Elle avait demandé que la chanson Carnival de Natalie Merchant, l'ancienne chanteuse du groupe 10,000 Maniacs, soit jouée lors de ses obsèques. Lorsqu'on lui demanda pourquoi sa chanson passait en bande-son lors de la diffusion du générique de fin du documentaire de Nick Broomfield Aileen: Life and Death of a Serial Killer, Natalie Merchant commenta : « Quand le réalisateur Nick Broomfield m'a envoyé une cassette de son film, je fus si troublée par le sujet traité que je n'ai même pas osé la regarder. Aileen Wuornos était une torturée, a mené une vie de torturée qui dépasse mes pires cauchemars. Je n'étais pas d'accord jusqu'à ce que l'on m'ait dit qu'Aileen avait passé tant d'heures à écouter mon album Tigerlily dans le couloir de la mort et qu'elle avait demandé que la chanson Carnival soit jouée à ses obsèques que j'ai accordé l'autorisation pour l'utilisation de la chanson dans le film. C'est très étrange de penser aux endroits où va ma musique une fois que je l'ai composée. Si elle a pu lui apporter du réconfort, je dois être reconnaissante. »

Broomfield déclara plus tard : « Je pense que cette colère s'est développée en elle. Et qu'elle subsistait par la prostitution. Je pense qu'elle a fait beaucoup de rencontres terribles sur les routes. Et je pense que cette colère s'est répandue. Et finalement elle a éclaté. Avec une violence incroyable. C'était sa façon de survivre… Je pense qu'Aileen a vraiment cru qu'elle avait tué pour se défendre. Je pense que quelqu'un qui est profondément psychotique ne peut faire la différence entre quelque chose qui menace réellement sa vie et un désagrément mineur ; si vous disiez une chose avec laquelle elle n'était pas d'accord, elle pouvait entrer dans une colère noire à ce sujet. Et je pense que c'est pourquoi les choses se sont déroulées ainsi. En même temps, quand elle n'était pas dans ces humeurs extrêmes, il y avait une humanité incroyable en elle. »

Débat et droit des prostituées

Loin de la seule chronique médiatique et judiciaire qui a valu à Aileen Wuornos d'être étiquetée « première tueuse en série lesbienne » par le FBI et la presse populaire américaine[2], le cas de Wuornos attire l'attention sur la situation de vulnérabilité des prostituées.

Wuornos a toujours affirmé qu'elle avait agi en situation de légitime défense face à des clients violents et que l'assassinat de seulement sept hommes sur les milliers de clients qu'elle avait eus illustrait bien ce fait. Plus généralement, le cas d'Aileen Wuornos soulève le problème des agressions (viol, vol et passage à tabac) dont sont régulièrement victimes les prostituées (notamment dans les pays qui nient ou répriment l'existence du travail sexuel), comme n'ont pas manqué de le rappeler les différentes associations de travailleuses du sexe pendant son procès[3].

Lynda Hart dans Fatal Women, Lesbian Sexuality and the Mark of Aggression, raconte comment Wuornos sera à la fois construite par la presse américaine comme « tueuse en série », « femme fatale » et un danger à écarter[4].

Notes et références

  1. (en) Biographie d'Aileen Wuornos sur serialkillercalendar.com
  2. Queer Zones, Politique des identités sexuelles, des représentations et des savoirs, Paris, Balland, coll. « Le Rayon », 2001, p. 27.
  3. Ibid.
  4. Lynda Hart, Fatal Women: Lesbian Sexuality and the Mark of Aggression, Londres, Routledge, 1994, chapitre 8 pp. 155-160.

À propos de la vie d'Aileen Wuornos

Bibliographie

  • (en) Women Who Kill: Profiles of Female Serial Killers, Carol Anne Davis, 2007 (Allison & Busby publishing)
  • (en) Monster: My True Story, Aileen Wuornos et Christopher Berry-Dee, 2006 (John Blake Publishing LTD)
  • (en) The Female Homicide Offender: Serial Murder and the Case of Aileen Wuornos, Stacey L. Shipley, Bruce A. Arrigo, 2003 (Prentice Hall)
  • (en) Dead Ends: The Pursuit, Conviction and Execution of Female Serial Killer Aileen Wuornos, the Damsel of Death, Michael Reynolds, 1992 réédité en 2003 (St. Martin's True Crime Library)
  • (en) The Female Homicide Offender: Serial Murder and the Case of Aileen Wuornos, Stacey L. Shipley, Bruce A. Arrigo, 2003 (Prentice Hall)
  • (en) Lethal Intent: The Shocking True Story of One of America's Most Notorious Female Serial Killers, Sue Russell, 2002 (Pinnacle Books)
  • (en) Deadlier Than The Male: Stories of Female Serial Killers, Terry Manners, 1995 (Pan Books)
  • (en) On a Killing Day: The Bizarre Story of Convicted Murderer Aileen “Lee” Wuornos, Dolores et Robert Nolin Kennedy, 1992 (Warner Books)

Documentaires

Films

Opéra

Une unique représentation d'un opéra relatant la vie d'Aileen Wuornos eut lieu, le , à San Francisco au Yerba Buena Center for the Arts. Cet opéra, dont le titre est Wuornos, a été écrit par la compositrice et librettiste Carla Lucero, dirigé par Mary Chun, et produit par le Jon Sims Center for the Performing Arts.

Articles connexes

Liens externes

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