Afrine

Afrine ou Afrin (arabe : عفرين nord levantin : [ʿAfrīn] ou [ʿIfrīn], kurde : Efrîn ou Afrîn, syriaque : ܥܦܪܝܢ) est une ville du nord-ouest de la Syrie, centre administratif du district du même nom, située dans le gouvernorat d'Alep.

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Afrine
(ar) عفرين
(ku) Efrîn

Vue de la ville, du côté sud (2009).
Administration
Pays Syrie
Gouvernorat Alep
District Afrine
Démographie
Population 36 562 hab. (2004)
Géographie
Coordonnées 36° 30′ 43″ nord, 36° 52′ 10″ est
Altitude 270 m
Localisation
Géolocalisation sur la carte : Syrie
Afrine

    La population du district est en 2004 de 172 095 habitants et celle de la ville est de 36 562 habitants. L'ensemble est nommé en référence à la rivière Afrin.

    Géographie

    Afrine se trouve à environ 30 km de la frontière turque, près de la Montagne des Kurdes (en arabe : كرد داغ , du turc Kürd Dağı, [à ne pas confondre avec جبل الاكراد, Jabal al-Akrad, un des noms traditionnels de la région du Sahyoun dans les montagnes côtières] et en kurde : Çiyayê Kurd).

    La ville est également située à côté d'un pont qui traverse la rivière Afrin (coupant Afrin en deux) sur la route d'Alep.

    Toponymie

    La rivière d'Afrin était connue sous le nom d'« Oinoparas » à l'époque séleucide, avant de prendre le nom romain d'« Ufrenus », d'où l'arabe vernaculaire nord-levantin tira le nom de ʿAfrīn puis d'Efrîn en kurde kurmandji.

    Efrîn signifie littéralement « création féconde » ou « création sacrée » en kurde.

    Histoire

    Antiquité

    Il subsiste des restes d'un royaume néo-hittite (âge du fer) à environ km au sud de la ville à Ain Dara.

    Dans un champ au nord-ouest de la ville a également été découverte une stèle louvite datant du IXe siècle ou VIIIe siècle av. J.-C. (connue comme la stèle d'Afrin)[1] évoquant le dieu hourrite Teshub[1].

    Passée successivement aux Achéménides, au Royaume de Macédoine, puis aux Séleucides, la vallée d'Afrin est incorporée à la Syrie romaine à partir de 64 av. J.-C., puis fait partie du Califat omeyyade après les conquêtes musulmanes en 637[2].

    Moyen Âge

    La région passe brièvement sous le contrôle des croisés de la Principauté d'Antioche en 1098, avant de retourner sous le joug de l'empire baharite en 1260, peu avant les invasions mongoles.

    Empire ottoman

    En 1516, la région passe sous contrôle ottoman, et est incorporée à la province de Kilis.

    Bien que la ville et sa vallée ne fassent pas partie des zones de peuplement originelles du Kurdistan, des Kurdes sont attestés dans la région depuis au moins le XVIIIe siècle, selon le document ottoman du Sancak des Kurdes[3].

    XXe siècle

    Les tribus de la région sont les premières à manifester leur opposition lors de l'instauration du Mandat français en Syrie en 1920. Les Français transforment la cité au rang de centre commercial.

    XXIe siècle

    La ville est prise par l'Unités de protection du peuple (YPG Kurdes) en 2012.

    En 2014, Afrin devient le chef-lieu administratif qui prend son nom, de l'un des trois territoires, dit canton, du Kurdistan syrien.

    Devenue progressivement une enclave kurde durant le conflit syrien, l'armée turque (en guerre avec les YPG considérés comme « terroristes » par Ankara) pénètre dans la vallée le à 8h du matin[4] lors d'une opération nommée « Rameau d’olivier », avec pour objectif d'établir une zone de sécurité d’une profondeur de 30 km à partir de la frontière entre la Turquie et la Syrie[5]. Le 18 mars 2018 l'armée turque entre dans le centre de la ville avec l'Armée syrienne libre.

    Le 28 avril 2020, un attentat est commis[6].

    Éducation

    En août 2015, l'Université d'Afrin est créée, disposant d'enseignements en littérature, ingénierie et économie, y compris des instituts de médecine, d'ingénierie topographique, de musique et de théâtre, d'administration des affaires ainsi que de langue kurde[7].

    Économie

    L'olivier est le symbole d'Afrin, dont la région produit une part importante de la production du pays. L'huile d'olive pressée et le filage textile font partie des industries locales.

    Notes et références

    1. John David Hawkins, Inscriptions of the Iron Age: Part 1: Text, Introduction, Karatepe, Karkamis, Tell Ahmar, Maras, Malatya, Commagene. Part 2: Text, Amuq, Aleppo, Hama, Tabal, Assur Letters, Miscellaneous, Seals, Indices. Part 3: Plates, (lire en ligne), p. 386
    2. (en) Andrew Palmer, The Seventh Century in the West-Syrian Chronicles (1993), p. 209, fn. 525.
    3. Stefan Winter, Sociétés rurales ottomanes, Cairo, IFAO, , 243–258 p. (ISBN 2724704118), « Les Kurdes du Nord-Ouest syrien et l’État ottoman, 1690-1750 »
    4. Syrie : l'armée turque affirme être entrée dans Afrin, les Kurdes démentent — france24.com, 21 janvier 2018
    5. Syrie : l’armée turque est entrée dans l’enclave kurde d’Afrin — lemonde.fr, 21 janvier 2018
    6. « Syrie : l’armée turque et ses alliés syriens ont repris Afrin - France 24 », France 24, (lire en ligne, consulté le )
    7. « Syria's first Kurdish university attracts controversy as well as students », Al-Monitor, (consulté le )
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